Accrédité le 8 avril 2026 à Pretoria, Leo Brent Bozell devient officiellement ambassadeur des États-Unis en Afrique du Sud. Sa nomination intervient dans un contexte de relations bilatérales tendues entre Washington et Pretoria, marqué par des désaccords politiques et diplomatiques persistants.
Leo Brent Bozell a été officiellement accrédité comme ambassadeur des États-Unis en Afrique du Sud, lors d’une cérémonie protocolaire réunissant une vingtaine de diplomates récemment nommés. Le nouveau représentant américain a remis ses lettres de créance au président Cyril Ramaphosa, marquant ainsi le début officiel de sa mission diplomatique. Arrivé dans le pays environ deux mois plus tôt, il s’était déjà retrouvé au centre d’une controverse en mars 2026, après des déclarations publiques critiques à l’égard des institutions sud-africaines. Lors de la cérémonie, Leo Brent Bozell a affiché une volonté d’apaisement. Il a déclaré vouloir inscrire son action dans le respect mutuel et œuvrer au renforcement des relations entre Washington et Pretoria. Malgré ces intentions, le contexte reste délicat. Les relations entre les deux pays se sont nettement dégradées ces derniers mois, et la nomination d’un nouvel ambassadeur n’a, pour l’instant, pas suffi à dissiper les tensions.
Ramaphosa insiste sur la souveraineté nationale
Profitant de cette rencontre officielle, Cyril Ramaphosa a rappelé aux diplomates étrangers les principes fondamentaux de la relation diplomatique. Il a insisté sur le respect de la souveraineté de l’Afrique du Sud et sur la nécessité d’éviter toute ingérence dans les affaires internes du pays. Ce message, formulé dans un cadre protocolaire, intervient dans un contexte où certaines prises de position étrangères sont perçues comme intrusives par Pretoria.
Les tensions entre les États-Unis et l’Afrique du Sud ne sont pas nouvelles, mais elles se sont intensifiées ces dernières années. Un épisode marquant reste l’expulsion, en mars 2025, de l’ancien ambassadeur sud-africain à Washington, Ebrahim Rasool, après des propos critiques sur la politique américaine. Cet incident a contribué à détériorer davantage le climat diplomatique. Par ailleurs, plusieurs décisions ont accentué les divergences entre les deux pays. Les États-Unis ont réduit certaines aides à l’Afrique du Sud, invoquant des désaccords sur des questions sensibles, notamment la politique d’expropriation des terres. De son côté, Pretoria a pris des positions sur la scène internationale, notamment en déposant une plainte contre Israël devant la Cour internationale de Justice au sujet du conflit à Gaza, une initiative perçue avec réserve à Washington.
La désignation de Leo Brent Bozell, considéré comme proche de cercles conservateurs américains et de l’ancien président Donald Trump, suscite des interrogations en Afrique du Sud. Certains observateurs s’inquiètent de l’orientation que pourrait prendre la diplomatie américaine à Pretoria dans les prochains mois, dans un contexte déjà marqué par la méfiance.








