Un incendie dans le principal dépôt de munitions de Bujumbura a déclenché de violentes explosions mardi soir, faisant de nombreuses victimes et provoquant la panique dans la capitale économique du Burundi. Les autorités burundaises appellent à la prudence face aux munitions non explosées et tentent d’évaluer l’ampleur du drame.
Les explosions se sont produites au dépôt de munitions des Forces de défense nationale du Burundi (FDNB) à Musaga, dans la banlieue sud de Bujumbura. L’armée a attribué l’origine de l’incendie à un accident électrique. Selon un officier supérieur cité par l’AFP, « il est impossible d’établir un bilan précis pour l’instant, mais des dizaines de personnes ont été tuées et des centaines, voire des milliers, blessées ». Des images vidéo montrent des nuages de fumée s’élevant au-dessus du quartier, semant la panique parmi les habitants de cette ville de plus d’un million d’habitants.
Le dépôt de Musaga est situé dans un secteur densément peuplé et jouxte l’Institut supérieur des cadres militaires (ISCAM). Il abrite également plusieurs dépôts logistiques et se trouve à proximité de la prison centrale de Mpimba et du camp militaire de Muha. Une source à la prison de Mpimba a indiqué que huit détenus avaient été tués et que plusieurs autres avaient été transportés à l’hôpital par la Croix-Rouge. Un haut responsable de la police a précisé : « Il y a des dizaines de morts, mais le bilan pourrait être plus lourd. » Les autorités n’ont pas encore publié de bilan officiel, et des diplomates occidentaux expriment des doutes sur la transparence de la communication concernant le nombre de victimes, notamment parmi les militaires.
Des dégâts matériels considérables
Les pompiers ont été rapidement mobilisés, mais les opérations ont été compliquées par un manque d’eau. Le camp de base a été « réduit en cendres », selon la police, et les habitants des quartiers voisins ont dû fuir leurs maisons, exposés à des projectiles provenant de l’incendie. Un témoin a raconté à l’AFP qu’un projectile avait traversé la chambre d’un voisin, le tuant sur le coup. Sur les réseaux sociaux, de nombreux habitants publient des messages pour retrouver leurs proches disparus pendant la panique.
Le président Evariste Ndayishimiye a exprimé sa « sympathie à toutes les personnes victimes de l’incendie » dans un message publié sur X. Les autorités burundaises ont lancé un appel à signaler les munitions non explosées, en avertissant : « Soyez prudents et NE TOUCHEZ PAS. » Le Burundi, classé par la Banque mondiale comme le pays le plus pauvre du monde en PIB par habitant en 2023, traverse depuis plusieurs années des crises économiques profondes. Le pays subit notamment une grave pénurie de carburant depuis trois ans, qui paralyse son économie et les transports.








