À moins de dix semaines du coup d’envoi de la Coupe du monde masculine 2026 au Canada, au Mexique et aux États-Unis, Amnesty International tire la sonnette d’alarme. L’organisation pointe des violations potentielles des droits humains qui pourraient affecter les supporters, les joueurs et les populations locales, en particulier en raison des politiques migratoires restrictives et de la militarisation de la sécurité.
Amnesty International met en garde contre les conséquences des politiques migratoires américaines sur les supporters. Les États-Unis, où se joueront les trois quarts des matchs, connaissent une forte répression migratoire, marquée par des arrestations et expulsions massives. En 2025, plus de 500 000 personnes ont été expulsées du pays, dont 230 000 arrêtées sur le territoire et 270 000 à la frontière, selon les données officielles analysées par le New York Times. Ces mesures ont créé un climat de peur qui risque d’affecter les fans venant assister aux matches ainsi que les habitants locaux. Steve Cockburn, directeur du programme Justice économique et sociale d’Amnesty International, souligne que ces pratiques compromettent gravement le droit à la liberté et à la sécurité de centaines de milliers de personnes.
La sécurité dans les villes hôtes sous tension
Dans plusieurs villes américaines, la sécurité est déjà fortement militarisée, exacerbant le risque pour les supporters. À Los Angeles, la Garde nationale a été déployée pour contrôler des manifestations contre les opérations d’immigration, tandis que des accords locaux permettent aux forces de l’ordre de collaborer avec les services fédéraux, favorisant le profilage racial et sapant la confiance des populations envers les autorités. Au Mexique, la mobilisation de dizaines de milliers de forces de sécurité, y compris des militaires, inquiète quant à la possibilité de répression lors des manifestations pacifiques. Le Canada, quant à lui, fait face à des tensions liées au logement et au traitement des personnes sans abri, certaines structures d’accueil ayant été fermées pour accueillir des événements liés à la Coupe du monde.
Liberté d’expression et droit de manifester menacés
Amnesty International alerte également sur la restriction des libertés fondamentales. Les droits à la liberté de réunion et d’expression sont régulièrement entravés aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Aux États-Unis, des populations noires, latino-américaines et asiatiques ont été ciblées par des agents fédéraux, souvent dans des opérations paramilitaires à proximité de leur domicile ou de leur école. Au Canada, des manifestations étudiantes pacifiques ont été dispersées, tandis qu’au Mexique, les protestations contre la gentrification et les infrastructures liées au tournoi ont été confrontées à une force de sécurité militarisée. Ces mesures mettent en danger les supporters qui souhaitent se réunir pour soutenir leur équipe, ainsi que les populations locales.
Une Coupe du monde sous conditions
À seulement quelques semaines du tournoi, la FIFA et les gouvernements hôtes doivent prendre des mesures urgentes pour garantir la sécurité et le respect des droits humains. Steve Cockburn rappelle que, malgré les revenus records générés par la Coupe du monde, ce sont les supporters, les joueurs et les travailleurs qui subissent le plus de risques. Actuellement, seules quatre villes hôtes ont présenté un plan relatif aux droits humains, et aucune ne protège efficacement contre les arrestations ou expulsions arbitraires. Les populations migrantes, les fans internationaux et les groupes vulnérables restent particulièrement exposés.
La Coupe du monde 2026, promise comme un tournoi sûr et inclusif, pourrait ainsi voir ses engagements remis en question si aucune mesure concrète n’est adoptée pour protéger les droits fondamentaux des participants et des habitants.








