Face à la multiplication des cyberattaques, l’Algérie renforce sa souveraineté numérique. La sécurisation des systèmes d’information devient un enjeu stratégique pour protéger les données publiques, garantir la continuité des services essentiels et soutenir le développement de l’économie digitale.
Le 3 mars, l’Agence de sécurité des systèmes d’information du ministère de la Défense nationale a présenté la Stratégie nationale 2025‑2029 pour la sécurité des systèmes d’information, validée par le président Abdelmadjid Tebboune. Cette feuille de route définit les priorités de l’État pour répondre à l’escalade des cybermenaces et améliorer la résilience numérique du pays. La stratégie repose sur le renforcement des capacités techniques et humaines dans le secteur cyber, l’optimisation de la coordination interinstitutionnelle et la gestion centralisée des crises numériques, ainsi que la sensibilisation des administrations et des citoyens aux risques et bonnes pratiques. L’objectif est de protéger les infrastructures critiques, sécuriser les données étatiques sensibles et assurer la continuité des services publics dans un contexte de transformation digitale rapide.
Une pression cyber en forte croissance
L’Algérie figure parmi les pays les plus exposés aux attaques numériques. En 2024, plus de 70 millions de cyberattaques ont ciblé le pays, selon le groupe Kaspersky. Plus de 13 millions de tentatives de phishing et près de 750 000 fichiers malveillants ont été neutralisés. Sur le plan institutionnel, le pays reste au stade « établissement » (T3) en matière de cybersécurité, selon le Global Cybersecurity Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications, traduisant un engagement structuré mais encore en phase de consolidation.
Au-delà des enjeux sécuritaires, la cybersécurité a un impact direct sur l’économie. La cybercriminalité mondiale génère chaque année des pertes estimées à plusieurs milliers de milliards de dollars. Dans ce contexte, la stratégie 2025‑2029 vise à sécuriser l’expansion de l’économie numérique algérienne, protéger les investissements digitaux et restaurer la confiance des acteurs publics et privés dans l’environnement numérique national.








