La venue du rappeur américain Kanye West, alias Ye, prévue au stade Vélodrome le 11 juin, suscite une vive controverse à Marseille. Le maire divers gauche Benoît Payan a annoncé mercredi son opposition, invoquant les déclarations antisémites de l’artiste.
« Je refuse que Marseille soit une vitrine pour ceux qui promeuvent la haine et le nazisme décomplexé. Kanye West n’est pas le bienvenu au Vélodrome, notre temple du vivre-ensemble », a déclaré M. Payan sur le réseau social X.
La colistière de la candidate de la droite et du centre Martine Vassal, Fabienne Bendayan, ancienne présidente du Crif Provence, a renchéri : « Celui qui proclame son admiration pour Hitler ne saurait fouler la scène d’une ville dont l’âme est tissée de diversité, de mémoire et de fraternité ». Le concert de Kanye West, actuellement son unique date en France, est organisé par Mars360, opérateur exclusif de l’Orange Vélodrome, propriété de la ville de Marseille.
Dans un communiqué, Mars360 a reconnu la sensibilité des propos passés de l’artiste, tout en précisant que des excuses avaient été présentées par Kanye West. L’organisateur assure avoir inséré des clauses spécifiques dans le contrat pour garantir le respect de la législation française et éviter toute infraction lors du spectacle.
Kanye West : un artiste sous surveillance
Le rappeur de 48 ans a été au centre de multiples polémiques ces dernières années. En mai 2025, il a publié un titre intitulé Heil Hitler, coïncidant avec le 80e anniversaire de la défaite nazie. En décembre 2023, il avait présenté ses excuses à la communauté juive après avoir affirmé auparavant qu’il « adorait les nazis ».
Ses propos controversés incluent également l’utilisation du slogan White Lives Matter en 2022 et sa participation à un dîner avec le suprémaciste antisémite Nick Fuentes chez Donald Trump. L’artiste souffre par ailleurs de troubles bipolaires, qu’il cite comme contexte pour certaines de ses déclarations, tout en affirmant ne pas être antisémite et exprimer son « amour pour le peuple juif ».
Une décision encadrée par la loi
L’interdiction d’un spectacle en France est strictement encadrée par le Conseil d’État. Elle n’est possible qu’en cas de risque que l’artiste tienne des propos constitutifs d’une infraction pénale ou que l’événement puisse provoquer des troubles à l’ordre public.
Cette affaire illustre les enjeux de réputation et de responsabilité juridique auxquels sont confrontés les organisateurs de concerts internationaux, notamment lorsque la notoriété d’un artiste est entachée par des controverses politiques ou idéologiques.








