Le Chili a accueilli jeudi 28 mai à Santiago une réunion réunissant l’Argentine, le Pérou, la Bolivie et l’Équateur. À l’issue de cette rencontre, les cinq pays ont signé une feuille de route commune visant à renforcer la coopération régionale contre le crime organisé transnational.

L’accord prévoit notamment une meilleure coordination des contrôles aux frontières, un échange renforcé d’informations entre services de renseignement, ainsi qu’une coopération accrue dans la lutte contre les flux financiers illicites. Pour le gouvernement chilien, cette initiative marque une étape importante dans la construction d’une réponse collective face à une criminalité de plus en plus transfrontalière. Le président chilien, José Antonio Kast, entend ainsi positionner son pays comme un acteur central de la sécurité régionale.
Une menace qualifiée de majeure par les dirigeants
Lors de l’ouverture de la rencontre, le ministre chilien des Affaires étrangères, Francisco Pérez Mackenna, a insisté sur la gravité de la situation. Il a qualifié le crime organisé transnational de « l’une des principales menaces » auxquelles les États de la région sont confrontés, estimant qu’aucun pays ne pouvait y répondre seul. « Aucun de nos pays ne peut affronter seul un phénomène de cette ampleur », a-t-il déclaré. La réunion a rassemblé les représentants des cinq États, tous confrontés à une hausse de l’insécurité et à la présence de réseaux criminels internationaux, dont le groupe vénézuélien Tren de Aragua, actif dans plusieurs pays de la région.
Une coopération élargie en matière de sécurité
Les gouvernements participants ont convenu de la création d’un groupe de travail chargé d’élaborer un plan d’action commun. Celui-ci portera sur plusieurs axes : la sécurité, le renseignement financier et fiscal, ainsi que le contrôle des flux migratoires et des frontières. Le ministre chilien des Affaires étrangères a souligné la volonté commune d’agir de manière coordonnée : « Unis, nous allons affronter la délinquance. Nous voulons assurer la sécurité et la tranquillité à nos compatriotes », a-t-il affirmé. Le taux d’homicides en Amérique latine, estimé à 18 pour 100 000 habitants, reste largement supérieur à la moyenne mondiale. Selon les autorités chiliennes, près de la moitié de ces violences seraient liées au crime organisé. En Équateur, le taux aurait connu une hausse spectaculaire ces dernières années, illustrant l’ampleur du phénomène dans la région.
Une initiative appelée à s’élargir
Les cinq pays souhaitent désormais porter cette initiative au niveau continental. L’objectif est de présenter le « Compromis régional de Santiago » à l’Organisation des États américains (OEA), afin d’élargir la coopération à d’autres États du continent. Toutefois, certains experts soulignent l’absence de pays clés dans la lutte contre les réseaux criminels transnationaux, estimant que l’efficacité de cette stratégie dépendra de son extension à l’ensemble de la région. En parallèle, la rencontre intervient dans un contexte de fortes préoccupations sécuritaires en Amérique du Sud, où les autorités font face à la montée de groupes criminels spécialisés dans le trafic de drogue, l’extorsion et l’exploitation illégale de ressources.








