Mercredi, une base militaire du nord du Bénin a été la cible d’une attaque meurtrière revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), branche sahélienne d’Al-Qaïda. Quinze soldats ont été tués et cinq autres blessés, selon les recoupements d’informations. L’attaque a visé la base de Kofouno, près de la frontière avec le Niger, une zone de plus en plus exposée à l’insécurité djihadiste.
Le colonel James Johnson, porte-parole de l’armée, a précisé que les blessés n’étaient pas en danger de mort et que l’armée avait riposté ; rapporte africanews. Des frappes aériennes auraient permis de neutraliser au moins quatre terroristes lors de leur fuite. Une source militaire sur place a évoqué un pillage et l’incendie partiel de la base, tandis que des opérations de ratissage étaient en cours.
Le nord du Bénin connaît depuis 2025 une montée de la violence djihadiste, alors que le Burkina Faso, le Mali et le Niger restent les principaux foyers de cette insécurité en Afrique de l’Ouest. Le JNIM étend progressivement son influence vers les pays du golfe de Guinée, mêlant prosélytisme religieux, logistique et attaques ponctuelles. Selon ACLED, la zone frontalière entre le Bénin, le Niger et le Nigeria est désormais un foyer de violence djihadiste.
Renforcement de la sécurité nationale
Face à cette menace, le Bénin a déployé dès 2022 une force de 3 000 soldats le long de ses frontières. Depuis, 5 000 militaires supplémentaires ont été recrutés pour sécuriser la région septentrionale. L’année dernière, le pays avait déjà enregistré l’une de ses périodes les plus meurtrières avec une attaque du JNIM ayant coûté la vie à 54 soldats en avril. Cette recrudescence intervient à un mois de l’élection présidentielle béninoise, dans un contexte où la sécurité frontalière est cruciale pour la stabilité politique et économique. Les experts alertent sur le recrutement croissant du JNIM parmi les populations locales et sur l’importance de renforcer les capacités militaires et la coopération régionale pour limiter l’expansion du groupe.
Un rapport récent du Conseil de sécurité des Nations unies indique que le JNIM a nommé un émir pour le Bénin, confirmant ainsi l’extension planifiée de ses opérations dans le golfe de Guinée. La vigilance reste donc de mise, tant pour la sécurité des populations que pour la stabilité économique de cette zone stratégique.








