Réunis en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, les pays du Groupe des 24 ont exprimé de vives inquiétudes face à la dégradation des conditions économiques dans les pays émergents, en particulier en Afrique subsaharienne.
Le groupe intergouvernemental, qui regroupe 24 pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes, estime que l’accumulation de chocs récents menace d’effacer plusieurs années de progrès économiques. Selon le G24, la hausse des prix de l’énergie continue de fragiliser les pays importateurs de pétrole. Cette situation aggrave les déséquilibres extérieurs et accentue la pression sur les finances publiques déjà contraintes. Dans le même temps, les économies émergentes font face à un environnement international moins favorable, marqué par un recul des flux de capitaux privés. Cette contraction limite fortement leur capacité à financer la croissance et à absorber les chocs externes.
Dette, financement et rôle central du FMI
Le groupe souligne également la montée des vulnérabilités liées à la dette dans de nombreux pays en développement. Pour le G24, le rôle du Fonds monétaire international demeure « crucial » en tant que filet de sécurité financière pour les économies les plus exposées. Le groupe insiste toutefois sur la nécessité pour l’institution de rester concentrée sur ses missions macroéconomiques fondamentales, tout en adaptant ses outils aux réalités des pays vulnérables.
Face à ces défis, le G24 plaide pour un renforcement des mécanismes de prévention et de gestion des crises financières. L’accès à des financements rapides, adéquats et prévisibles est jugé essentiel, notamment pour les pays à haut risque de surendettement. Le groupe appelle également à une meilleure coordination entre institutions financières internationales, banques et acteurs non bancaires, afin de diversifier les sources de financement disponibles. Une attention particulière est accordée aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME), considérées comme un moteur clé de la croissance et de l’emploi dans les économies émergentes.
Infrastructures financières et réformes du système international
Sous la présidence du ministre nigérian des Finances, Olawale Edun, le G24 insiste sur l’urgence d’accélérer le développement des infrastructures financières dans les pays émergents. Le groupe appelle également à des réformes visant à rendre les agences de notation plus inclusives et mieux adaptées aux réalités des économies en développement. En toile de fond, une interrogation persiste : le système financier mondial répond-il réellement aux besoins de l’Afrique et des pays vulnérables ?
Malgré les efforts engagés par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, le G24 estime qu’un écart important subsiste dans la réponse aux défis structurels. Le groupe met aussi en garde contre le risque de reléguer au second plan le financement de la transition climatique, dans un contexte marqué par des tensions économiques et budgétaires. Pour les économies africaines, particulièrement exposées aux effets du changement climatique, la poursuite des investissements verts reste une priorité stratégique.
Au final, le G24 appelle à concilier deux impératifs : la gestion immédiate des crises économiques et financières, et le financement de long terme du développement durable.








