Face à l’escalade du conflit au Moyen-Orient et à ses répercussions sur les marchés mondiaux, la Banque africaine d’import-export a annoncé, le 7 avril, la mise en place d’un programme d’intervention d’urgence de 10 milliards de dollars. L’objectif est d’amortir les effets économiques de la crise sur les pays d’Afrique et des Caraïbes, particulièrement exposés aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et à la volatilité des prix.
Baptisé « Programme d’intervention face à la crise du Golfe » (GCRP), ce dispositif cible en priorité les économies dépendantes des importations de carburant, de gaz naturel liquéfié, d’engrais et de produits alimentaires. Dans un contexte marqué par des tensions sur les routes maritimes et une hausse des coûts, le programme prévoit un soutien en devises ainsi que des facilités de liquidité à court terme afin de garantir la continuité des importations essentielles et de limiter les pressions inflationnistes.
Au-delà de la réponse immédiate, le GCRP vise également à repositionner certaines économies africaines dans la reconfiguration des échanges mondiaux. Les pays exportateurs d’énergie et de minerais pourraient bénéficier de la hausse des prix et de la redirection des flux commerciaux. Pour cela, des mécanismes de financement adaptés, notamment en matière de préfinancement des exportations et de soutien au fonds de roulement, permettront d’optimiser les capacités d’exportation et de stockage.
Une stratégie de résilience à moyen et long terme
Le programme s’inscrit dans une logique de transformation structurelle des économies bénéficiaires. Il ambitionne de renforcer les capacités de production dans les secteurs énergétique et minier, tout en accélérant les investissements dans les infrastructures logistiques, portuaires et énergétiques en Afrique et dans la région caraïbe. Cette approche vise à réduire la dépendance aux importations et à améliorer la compétitivité des économies concernées. Selon George Elombi, ce programme permettra aux pays africains de s’adapter progressivement aux effets de la crise tout en renforçant leur résilience face aux chocs futurs, grâce à des interventions susceptibles de transformer durablement la structure de leurs économies. La montée des tensions au Moyen-Orient met en lumière les fragilités structurelles de nombreuses économies africaines. La hausse des prix de l’énergie, des engrais et des denrées alimentaires pèse sur les finances publiques et le pouvoir d’achat des ménages. Dans ce contexte, plusieurs gouvernements accélèrent des réformes dans les secteurs agricole, énergétique et social afin de limiter leur dépendance extérieure.
Une action cohérente avec les initiatives récentes
Ce programme s’inscrit dans la continuité des interventions menées par la Banque africaine d’import-export pour faire face aux chocs externes. Récemment, l’institution a participé à hauteur de 2,5 milliards de dollars à un prêt syndiqué en faveur de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals FZE, contribuant ainsi à renforcer l’approvisionnement en carburant de plusieurs pays africains.
Avec ce plan de 10 milliards de dollars, Afreximbank confirme son rôle central dans le financement du commerce et la stabilisation des économies africaines en période de crise. En combinant soutien d’urgence et vision à long terme, l’institution cherche à atténuer les chocs immédiats tout en posant les bases d’une croissance plus résiliente et autonome.








