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‎Tchad–ONU : Bras de fer après les frappes anti-Boko Haram

Le gouvernement tchadien a rejeté, jeudi 14 mai 2026, les accusations formulées par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme concernant des victimes civiles lors de frappes militaires menées contre des positions de Boko Haram dans la région du lac Tchad.

‎Lors d’une déclaration à la presse, le ministre tchadien de la Communication et porte-parole du gouvernement, Gassim Chérif Mahamat, s’est dit « surpris » par les propos des Nations unies, dénonçant des accusations qu’il juge « graves » à l’encontre de l’armée tchadienne. ‎Selon lui, ces déclarations visent à discréditer les forces armées tchadiennes, engagées depuis plusieurs années dans la lutte contre les groupes terroristes actifs dans le Sahel et le bassin du lac Tchad. ‎« Ces accusations visent à discréditer l’armée tchadienne et peuvent porter atteinte à sa dignité », a déclaré le ministre, assurant que les forces armées tchadiennes demeurent « professionnelles » et pleinement mobilisées contre le terrorisme. ‎Le porte-parole du gouvernement a également rappelé le lourd tribut payé par le Tchad dans cette guerre contre Boko Haram, évoquant les nombreuses pertes humaines ainsi que les importants efforts militaires, matériels et politiques consentis par le pays, rapporte Trt Africa.

‎Malgré son rejet des accusations, le gouvernement tchadien affirme rester ouvert à des investigations. Gassim Chérif Mahamat a indiqué que les autorités étaient prêtes à mener des enquêtes « dans une logique de transparence », soulignant l’existence d’une justice indépendante et d’institutions capables de conduire des investigations impartiales. ‎Il a également évoqué la possibilité d’inviter des représentants du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme ou d’autres organismes internationaux à se rendre sur le terrain afin de vérifier les faits. ‎Pour les autorités tchadiennes, la principale menace demeure le groupe jihadiste Boko Haram, qualifié de « secte terroriste » responsable de nombreuses attaques contre les populations civiles dans la région. ‎« C’est Boko Haram qui terrorise quotidiennement nos populations dans des zones déjà vulnérables », a insisté le ministre. ‎Jusqu’à présent, les autorités tchadiennes n’ont communiqué aucun bilan officiel concernant les frappes évoquées par les Nations unies. ‎Mercredi, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait appelé le Tchad et le Nigeria à ouvrir des enquêtes « indépendantes, impartiales et approfondies » après plusieurs bombardements attribués aux armées des deux pays et ayant causé, selon l’ONU, des dizaines de victimes civiles dans le nord-est du Nigeria.

‎Dans un communiqué, Volker Türk a insisté sur la nécessité de traduire en justice les responsables de toute violation du droit international humanitaire et des droits humains. ‎Selon le Haut-Commissariat, une frappe aérienne menée le 10 mai contre un marché situé dans l’État de Zamfara, au Nigeria, aurait fait au moins une centaine de morts civils ainsi que de nombreux blessés. ‎La région du lac Tchad, à cheval entre le Nigeria, le Niger, le Cameroun et le Tchad, reste depuis plus d’une décennie l’un des principaux foyers d’insécurité en Afrique, marqué par les activités de groupes armés tels que Boko Haram et Daech-WAP. ‎Le Haut-Commissaire des Nations unies a appelé les forces armées concernées à prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter les pertes civiles, rappelant que « les civils et leurs biens ne doivent jamais être la cible d’attaques ».

‎Le Nigeria n’a, pour l’heure, pas officiellement réagi aux déclarations des Nations unies. Par ailleurs, UNICEF a alerté sur l’aggravation de la crise humanitaire dans les États nigérians de Borno, Adamawa et Yobe, durement touchés par l’insécurité. Selon l’agence onusienne, plus de 2,3 millions de déplacés internes et 2,2 millions de rapatriés vivent actuellement dans ces régions confrontées aux violences armées, au manque de services essentiels, aux inondations et aux épidémies. ‎L’UNICEF estime également que près de 8,4 millions de personnes, dont environ 5 millions d’enfants, nécessitent une assistance humanitaire dans le nord-est, le nord-ouest et le centre-nord du Nigeria.

‎Norbert MEGAN YAOVI

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