Le conflit frontalier entre le Pakistan et l’Afghanistan a connu une nouvelle intensification mercredi 10 juin, avec des frappes aériennes pakistanaises ayant fait plusieurs dizaines de morts, dont des civils selon Kaboul. Islamabad affirme avoir ciblé des groupes armés, tandis que les autorités afghanes dénoncent des bombardements ayant touché des habitations civiles dans plusieurs provinces frontalières.
Les autorités pakistanaises indiquent que ces opérations visaient des positions de groupes armés affiliés aux Talibans pakistanais, accusés d’avoir multiplié les attaques contre les forces de sécurité ces dernières semaines. Islamabad qualifie ces frappes d’actions « précises et calibrées », menées en représailles à une attaque meurtrière ayant coûté la vie à six policiers dans le nord-ouest du pays.
De son côté, le gouvernement taliban afghan affirme que les frappes ont touché des zones résidentielles dans trois provinces situées le long de la frontière. Kaboul fait état d’environ vingt morts, dont onze enfants, dénonçant une violation de la souveraineté nationale et des pertes civiles importantes. Islamabad, pour sa part, évoque un bilan d’environ 26 morts, sans confirmation de victimes civiles.
Cette nouvelle série de frappes intervient après une période d’accalmie relative, mais confirme une reprise des hostilités entre les deux pays depuis le mois de février. Les tensions restent alimentées par des accusations croisées : Kaboul reproche à Islamabad ses opérations militaires sur son territoire, tandis que le Pakistan accuse l’Afghanistan d’abriter des groupes armés transfrontaliers responsables d’attaques meurtrières.
Selon plusieurs rapports des Nations unies, la violence dans les zones frontalières a déjà provoqué des centaines de victimes civiles en Afghanistan ces derniers mois, illustrant la vulnérabilité persistante des populations locales. Cette nouvelle escalade souligne la fragilité sécuritaire de la région et la difficulté pour les deux États de contenir un conflit aux ramifications régionales de plus en plus préoccupantes.








