Le second tour de l’élection présidentielle au Pérou place le pays dans une attente fébrile, après l’annonce de premiers résultats donnant une légère avance au candidat de gauche Roberto Sánchez face à la candidate de droite Keiko Fujimori. Dans un scrutin particulièrement disputé, l’écart reste minime et pourrait encore évoluer au fil du dépouillement, qui se poursuit dans l’ensemble du territoire national. Les autorités électorales appellent à la prudence, soulignant que les résultats définitifs ne seront connus qu’après vérification complète des bulletins.
Ce scrutin met aux prises deux personnalités centrales de la vie politique péruvienne. D’un côté, Roberto Sánchez, représentant de la gauche, et de l’autre Keiko Fujimori, figure emblématique du courant conservateur et héritière politique du fujimorisme. Selon les premières tendances, les deux candidats sont séparés par une marge infime, confirmant un duel électoral parmi les plus serrés observés au Pérou ces dernières années.
Longtemps considéré comme un candidat sans réelle chance de victoire, Roberto Sánchez a progressivement inversé les projections. Peu visible dans les sondages en début de campagne, il a réussi à structurer une dynamique électorale solide en se positionnant comme une alternative de gauche dans un contexte marqué par une forte défiance envers les partis traditionnels. Sa candidature s’inscrit dans la continuité politique de l’ancien président Pedro Castillo, dont il aurait récupéré une partie de l’électorat.
Au-delà de son propre socle électoral, Roberto Sánchez semble également bénéficier d’un important vote dit “anti-fujimoriste”. Une partie de l’électorat, dépassant les clivages idéologiques, aurait choisi de s’unir pour faire obstacle à Keiko Fujimori, dont la candidature reste controversée en raison de l’héritage politique de son père et des divisions profondes qu’elle suscite dans la société péruvienne.
Alors que le dépouillement se poursuit, l’incertitude demeure totale quant à l’identité du futur président du Pérou. Les prochaines heures, voire les prochains jours, seront décisifs pour confirmer ou inverser la tendance actuelle. Dans un contexte de forte polarisation politique, ce scrutin illustre une nouvelle fois la fracture entre deux visions opposées de la gouvernance et de l’avenir du pays.








