La Hongrie a intercepté, le 6 mars, deux véhicules blindés ukrainiens transportant d’importantes sommes en devises et de l’or. L’opération a conduit à l’ouverture d’une enquête pour blanchiment d’argent et ravivé les tensions diplomatiques entre Budapest et Kiev, sur fond d’accusations mutuelles.
Le 6 mars, les services de sécurité hongrois ont procédé à l’interception de deux véhicules blindés en provenance d’Ukraine circulant sur leur territoire. À l’intérieur, les autorités affirment avoir découvert environ 40 millions de dollars, 35 millions d’euros en espèces, ainsi que 9 kilogrammes d’or. Cette découverte a immédiatement conduit à l’arrestation de sept ressortissants ukrainiens, dont un ancien cadre des services de renseignement, selon les premières informations communiquées par Budapest.
Face à l’ampleur de la cargaison, la Hongrie a ouvert une enquête pour soupçons de blanchiment d’argent. Les autorités estiment que le mode de transport ainsi que la nature des fonds ne correspondent pas aux circuits financiers habituels. Dans un contexte politique interne marqué par la proximité des élections législatives, plusieurs responsables hongrois s’interrogent également sur l’origine des fonds et sur les réseaux susceptibles d’être impliqués dans cette opération transfrontalière.
La réaction ukrainienne ne s’est pas fait attendre. La banque publique Oschadbank soutient que la cargaison devait simplement transiter par voie terrestre en raison des restrictions aériennes. Dans le même temps, les autorités de Ukraine dénoncent une instrumentalisation politique de l’affaire par Budapest, accusant le gouvernement hongrois d’exploiter l’incident à des fins électorales. Kiev est allé jusqu’à déconseiller à ses citoyens de se rendre en Hongrie.
Au-delà de la saisie elle-même, cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre les deux pays, dans un contexte régional déjà marqué par la guerre en Ukraine et des divergences diplomatiques profondes. L’enquête en cours devra déterminer avec précision l’origine des fonds, leur destination finale et les responsabilités éventuelles dans ce dossier aux fortes implications politiques et sécuritaires.








