Le colonel Kassoum Goïta, ancien chef de la Sécurité d’État au Mali, a livré sa défense ce mercredi 15 juillet 2026 devant la cour d’appel de Bamako, dans le cadre du procès de la présumée « tentative de complot contre le gouvernement ». L’officier, poursuivi aux côtés de cinq autres accusés proches de l’ancien président de transition Bah N’Daw, a rejeté les accusations portées contre lui et formulé de graves accusations contre les dirigeants militaires actuellement au pouvoir.
Lors de cette troisième journée d’audience, Kassoum Goïta a affirmé qu’il n’existait aucun intérêt à organiser un complot en faveur de Bah N’Daw. Selon lui, l’ancien président de transition ne souhaitait pas s’éterniser à la tête du pays après son arrivée au pouvoir à la suite du coup d’État d’août 2020. Il a également expliqué que ses anciennes fonctions à la tête de la Sécurité d’État lui avaient permis d’avoir accès à des informations sensibles, ce qui aurait, selon lui, conduit à son enlèvement, sa détention et les poursuites engagées contre lui.
L’ancien responsable des renseignements maliens a ensuite accusé les militaires qui dirigent la Transition d’avoir détourné des fonds publics hérités de la période de gouvernance d’Ibrahim Boubacar Keïta, l’ancien président renversé en 2020. Il affirme que ces ressources auraient été placées sur des comptes offshore par l’intermédiaire du ministre de l’Économie, Alousséni Sanou. D’après ses déclarations rapportées par des sources présentes au tribunal, Bah N’Daw aurait été informé de cette situation et aurait demandé la restitution des fonds, sans obtenir de résultat. Le colonel Kassoum Goïta n’a toutefois fourni aucun montant précis concernant les sommes évoquées.
Ce procès intervient dans un contexte politique marqué par les tensions autour de la gestion de la Transition malienne dirigée par le colonel Assimi Goïta, sans lien familial avec Kassoum Goïta. Les six accusés doivent encore répondre aux différentes charges retenues contre eux alors que les audiences se poursuivent devant la justice malienne.








