Le Festival DALAH’SH KANKPÉ a poursuivi ses activités ce mercredi 15 juillet 2026 avec un Talk Showbiz consacré au thème : « Production et promotion d’artiste à l’ère du digital ». Cette rencontre a rassemblé plusieurs acteurs de l’écosystème musical béninois, notamment des artistes, managers, producteurs, promoteurs culturels et créateurs de contenu. Au cœur des échanges : l’évolution du hip-hop béninois, les nouvelles stratégies de visibilité artistique et la nécessité pour les acteurs de mieux exploiter les opportunités offertes par les plateformes numériques.
Organisé autour des mutations actuelles de l’industrie musicale, ce panel a permis de poser un regard critique sur les défis auxquels font face les artistes béninois dans un environnement dominé par le streaming, les réseaux sociaux et les nouveaux modes de consommation culturelle.
Réunis dans le cadre du Festival DALAH’SH KANKPÉ, plusieurs figures de la scène urbaine ont revisité le parcours du hip-hop béninois. Parmi les intervenants figuraient DJ Highfa, Djamil Momangao, Maasta MC l’Indomptable et DaMatha Steven.
Pour Djamil Momangao, slameur et écrivain du désir, le hip-hop béninois a connu une transformation profonde. « Notre hip-hop a fait du chemin et il y a eu des socles qui nous ont montré les possibilités multiples que le hip-hop peut offrir dans notre contexte. Nous sommes partis d’un hip-hop qui imitait l’écriture, la manière de poser, le flow et l’intention, jusqu’à un hip-hop qui s’est aujourd’hui réapproprié les codes de nos langues, de nos éléments culturels et qui enrichit notre manière de vivre », a-t-il expliqué.
L’artiste appelle la nouvelle génération à s’inspirer des pionniers tout en construisant une identité propre. « Il faut continuer à se former, connaître davantage les artistes qui ont fondé les bases, comprendre les nouvelles manières de faire exister le hip-hop dans le monde et apporter nos langues, nos codes culturels et nos proverbes partout où nous exportons notre musique », a-t-il poursuivi.
De son côté, DaMatha Steven, directeur artistique, producteur et développeur de talents, estime que la progression du hip-hop béninois passe par une meilleure collaboration entre les différents acteurs.
« Pour communiquer autour du hip-hop aujourd’hui, il faut réunir toutes les classes du mouvement : les artistes, les producteurs, les managers, les DJs, les graffeurs, les slameurs et les danseurs. Chaque composante doit s’unir pour former un ensemble capable de mieux toucher le grand public », a-t-il soutenu.
Le professionnel du secteur invite également les rappeurs à élargir leurs champs d’expression. « Le rap n’est pas seulement de l’égotrip. Le rappeur est d’abord un écrivain qui peut parler des réalités sociales, des difficultés humaines et de tout ce qui constitue notre société », a-t-il déclaré.
Pour Maasta MC l’Indomptable, la transformation numérique représente une chance pour les artistes, mais elle nécessite une véritable préparation. « Il faut mixer l’ancienne manière de communiquer et de faire la promotion de nos œuvres avec le digital. Mais il faut surtout garder la tête froide, parce que le digital a ses codes et ses secrets qu’il faut maîtriser », a-t-il indiqué.
L’artiste insiste sur l’importance de connaître son public avant de se lancer dans la course aux performances numériques. « Avoir le digital ne nous empêche pas de garder notre niche, de connaître notre cible et de savoir quelle musique correspond à quel public », a-t-il précisé.

Pour Auric Kama, artiste rappeur, président de l’association Innovation et promoteur du Festival DALAH’SH KANKPÉ, cette initiative vise à renforcer les capacités des acteurs du secteur musical.
« L’objectif de ce panel est de regrouper les différents acteurs de la musique, notamment les artistes, les managers et les producteurs, afin d’échanger sur les nouvelles méthodes de production et de promotion à l’ère du digital », a-t-il expliqué.
Le promoteur souligne également l’importance de préserver la mémoire du mouvement hip-hop béninois. « Beaucoup de jeunes et même certains acteurs ne connaissent pas forcément ce qui s’est passé dans les années 1990 et l’évolution de cette culture jusqu’à aujourd’hui. Il est important de raconter cette histoire et de valoriser ceux qui ont balisé le terrain », a-t-il ajouté.
Les activités du Festival DALAH’SH KANKPÉ se poursuivent avec plusieurs rendez-vous culturels. Une exposition consacrée aux figures pionnières du hip-hop béninois, notamment Blaz et Divi Dobon, est prévue à l’Institut français. Une projection documentaire reviendra également sur l’histoire du rap béninois, des années 1990 à nos jours.
Une conférence de presse est annoncée pour ce samedi dans la matinée dans la martinière afin de présenter les différentes articulations du festival et les perspectives liées à la promotion de la culture hip-hop au Bénin. Le rendez-vous connaîtra son apothéose avec un grand concert de clôture marqué par la participation de plusieurs artistes locaux et de la star ivoirienne Suspect 95.
Samuel Richard KAKPO








