Le principal opposant politique de Guinée-Bissau, Domingos Simoes Pereira, a quitté son pays dans la nuit du 23 au 24 juillet 2026 pour rejoindre le Portugal, où il doit recevoir des soins médicaux spécialisés. Ce déplacement a été autorisé par la justice militaire bissau-guinéenne pour des motifs qualifiés d’« humanitaires et juridiques », alors que le président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) demeure officiellement en détention provisoire.
Arrêté le 10 juillet 2026, Domingos Simoes Pereira est poursuivi par la justice militaire pour son implication présumée dans une tentative de coup d’État qui aurait été préparée en 2025. Jusqu’au 23 juillet, il était incarcéré dans une prison de Bissau avant d’être escorté sous haute surveillance jusqu’à l’aéroport international de la capitale. Il a ensuite embarqué à bord d’un vol à destination de Lisbonne, où son arrivée a été confirmée par l’agence de presse portugaise Lusa.
À son arrivée dans la capitale portugaise, plusieurs dizaines de membres de la diaspora bissau-guinéenne se sont rassemblés pour accueillir le chef de l’opposition. Devant ses partisans, il a brièvement déclaré qu’il reprendrait « le combat dès que possible », réaffirmant son attachement à son pays malgré les poursuites judiciaires engagées contre lui.
Toutefois, les autorités militaires de Guinée-Bissau ont strictement encadré son séjour au Portugal. Si elles autorisent son hospitalisation dans un centre spécialisé de la Croix-Rouge portugaise, elles lui interdisent toute prise de parole publique pendant la durée de son déplacement, rappelant qu’il conserve son statut de détenu placé sous le contrôle de la justice militaire.
Cette décision intervient dans un contexte politique particulièrement tendu en Guinée-Bissau, où l’arrestation de l’ancien Premier ministre et leader du PAIGC a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opposition et de la communauté internationale. Son transfert au Portugal pour raisons médicales constitue une évolution majeure dans une affaire qui continue d’alimenter les débats sur la justice et les libertés politiques dans le pays.








