Le gouvernement burkinabè a vivement réagi aux déclarations de l’eurodéputé français Christophe Gomart devant le Parlement européen. Considérant ses propos comme inexacts et attentatoires à la souveraineté du Burkina Faso, les autorités de Ouagadougou ont convoqué le chef de la délégation de l’Union européenne pour exprimer officiellement leur désapprobation.
Le Burkina Faso a élevé le ton face aux critiques formulées au Parlement européen à son encontre. Lundi 22 juin 2026, le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a convoqué Philippe Bronchain, ambassadeur et chef de la délégation de l’Union européenne au Burkina Faso, afin de lui transmettre la position officielle du gouvernement. Cette démarche intervient à la suite des déclarations de l’eurodéputé français Christophe Gomart lors des débats ayant conduit à l’adoption d’une résolution sur la situation sécuritaire et politique du pays sahélien.
Au cours de cette rencontre diplomatique, le chef de la diplomatie burkinabè a exprimé la « désapprobation », le « regret » et la « déception » des autorités face à des propos qu’il a qualifiés d’« accusateurs, grossiers et mensongers ». Selon lui, les affirmations du parlementaire européen reposent sur une lecture erronée de la réalité du terrain et ignorent les efforts consentis par le Burkina Faso dans la lutte contre le terrorisme. Karamoko Jean Marie Traoré a notamment rappelé l’engagement de son pays aux côtés du Mali et du Niger pour faire face aux défis sécuritaires qui continuent de fragiliser la région du Sahel.
Les autorités burkinabè ont également rejeté la résolution adoptée par le Parlement européen, estimant qu’elle ne reflète ni les réalités vécues par les populations ni les avancées enregistrées dans la reconquête du territoire national. Réaffirmant l’attachement du Burkina Faso à sa souveraineté et à son indépendance, le ministre a dénoncé ce qu’il considère comme une posture de donneur de leçons de la part de certaines institutions européennes. Il a par ailleurs évoqué les conséquences de l’intervention de l’OTAN en Libye, régulièrement présentée comme l’un des facteurs majeurs de déstabilisation du Sahel. Prenant acte des préoccupations exprimées par Ouagadougou, Philippe Bronchain s’est engagé à transmettre le message du gouvernement burkinabè aux instances compétentes de l’Union européenne, dans un contexte marqué par des relations de plus en plus sensibles entre les pays de l’Alliance des États du Sahel et plusieurs partenaires occidentaux.
Samuel Richard KAKPO








