Le Centre National d’Investigations Numériques (CNIN), en collaboration avec INTERPOL, a porté un coup majeur à un vaste réseau criminel international spécialisé dans les prêts frauduleux en ligne. L’opération a permis de démanteler une organisation qui utilisait de fausses applications de crédit pour piéger des milliers d’utilisateurs, exploiter leurs données personnelles et les soumettre à des actes de harcèlement, de chantage et d’extorsion.
Selon les résultats de l’enquête, plusieurs applications mobiles, notamment ZeroInquietude, BoltLoan, OuiPret, CreditInstantane et LePret, promettaient des crédits instantanés, accessibles sans formalités administratives. Derrière cette offre séduisante se cachait toutefois un système frauduleux exigeant un accès complet aux contacts, aux photos, aux messages et à d’autres informations sensibles des utilisateurs. Ces données étaient ensuite utilisées pour exercer une pression psychologique sur les emprunteurs en cas de retard de remboursement ou de refus de paiement.
Les investigations menées par le CNIN ont également révélé l’existence de centres d’appels installés au Bénin et dans plusieurs pays de la sous-région. Recrutés sous les appellations de « téléconseillers » ou « agents de recouvrement », leurs employés avaient pour mission d’intimider les victimes à travers des appels répétés, des menaces de diffusion d’informations privées, des actes de chantage et, dans certains cas, des menaces de mort.
Grâce aux renseignements recueillis, une opération coordonnée avec INTERPOL a conduit à l’interpellation de plusieurs suspects, dont trois ressortissants asiatiques identifiés comme les principaux responsables de cette organisation criminelle. Cette intervention constitue une avancée importante dans la lutte contre la cybercriminalité et les escroqueries financières opérant à l’échelle internationale.
Face à la recrudescence des prêts frauduleux en ligne, le CNIN appelle les citoyens à redoubler de vigilance. L’institution recommande de se méfier des offres de crédit « instantanées » et « sans condition », d’éviter toute application sollicitant des autorisations excessives sur les téléphones mobiles et de signaler sans délai tout acte de harcèlement ou toute activité suspecte aux autorités compétentes. Le Centre rappelle enfin que les auteurs de ces pratiques s’exposent à de lourdes poursuites judiciaires et insiste sur le fait que la vigilance des utilisateurs demeure le meilleur rempart contre la cybercriminalité.
Samuel Richard KAKPO








