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Sénégal : La société civile exige un référendum sur la réforme constitutionnelle

Au Sénégal, quinze organisations de la société civile regroupées au sein de l’initiative « Aar Sunu Constitution » appellent à la transparence et à l’organisation d’un référendum sur la réforme constitutionnelle actuellement examinée par l’Assemblée nationale. Elles exigent également la publication de l’avis du président de la République sur ce projet jugé déterminant pour l’avenir institutionnel du pays. Cette mobilisation intervient dans un contexte politique marqué par des tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko.

Depuis le 24 juin 2026, les députés sénégalais examinent un projet de révision constitutionnelle porté par le groupe parlementaire du Pastef. Le texte ambitionne de réorganiser l’équilibre des pouvoirs en renforçant les prérogatives du Parlement et du Premier ministre, dans une logique de consolidation institutionnelle. Le projet prévoit notamment la création d’une Cour constitutionnelle en remplacement de l’actuel Conseil constitutionnel. Cette nouvelle instance serait composée de neuf membres, contre sept auparavant, avec un mandat unique de six ans. Une partie des membres serait désignée par le président de l’Assemblée nationale, une réforme présentée comme un gage d’indépendance accrue de la justice constitutionnelle.

Les organisations citoyennes estiment toutefois que le processus manque d’ouverture. Elles réclament la publication de l’avis du chef de l’État et la tenue d’une consultation populaire élargie. Selon Malick Diop, coordinateur de l’initiative « Aar Sunu Constitution », une réforme de cette ampleur ne peut être légitime sans transparence ni participation citoyenne. Il insiste sur la nécessité d’un débat public approfondi afin de garantir une réforme conforme aux principes démocratiques.

Face aux critiques, le gouvernement a appelé le 25 juin à l’ouverture de concertations avec l’opposition et la société civile afin de rechercher un consensus. Le texte introduit également des changements majeurs, notamment le renforcement des pouvoirs du Premier ministre, l’interdiction pour le président de la République de diriger un parti politique et l’élargissement des compétences de contrôle de l’Assemblée nationale. Issue des recommandations des assises de la justice de 2024 et du dialogue national de 2025, cette réforme devait initialement bénéficier d’un large consensus. Toutefois, les tensions politiques actuelles et les inquiétudes sur d’éventuels amendements parlementaires fragilisent son adoption. Dans ce contexte, la société civile maintient la pression en faveur d’un référendum.

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