Face à des menaces sécuritaires de plus en plus transfrontalières, le Bénin appelle les États africains à renforcer leur coopération et à faire des zones frontalières des espaces de paix et de prospérité.
Le Bénin plaide pour une réponse africaine davantage coordonnée face au terrorisme et à la criminalité transfrontalière. La ministre des Affaires étrangères, Corrine Amori Brunet, a porté ce message mercredi 23 septembre 2026 à New York, lors d’une session ouverte du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA), organisée en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies.
Présidente du Conseil de paix et de sécurité de l’UA pour le mois de septembre, la ministre a insisté sur l’importance du bon voisinage dans la consolidation de la sécurité collective. Elle a appelé les États à privilégier le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, le règlement pacifique des différends et la solidarité entre pays.
Les frontières, au cœur de la réponse
Pour le Bénin, les zones frontalières ne doivent pas être appréhendées uniquement comme des espaces de surveillance et de lutte contre les menaces. Elles sont aussi des lieux de vie où les populations entretiennent des activités commerciales, sociales et culturelles de part et d’autre des frontières.
Corrine Amori Brunet a ainsi appelé au maintien des mécanismes d’échange d’informations, de coopération sécuritaire et judiciaire, y compris lorsque les relations politiques entre États sont tendues. Elle a également plaidé pour une meilleure implication des populations frontalières et une participation accrue des femmes aux initiatives de prévention des conflits. La ministre a notamment évoqué le Programme frontière de l’UA et la Convention de Niamey sur la coopération transfrontalière. Pour le Bénin, l’enjeu est surtout de rendre ces mécanismes existants plus opérationnels et mieux coordonnés.
Renseignement et opérations conjointes
Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a souligné la persistance des groupes armés et des réseaux terroristes en Somalie, au Sahel, dans l’est de la République démocratique du Congo et au nord du Mozambique. Il a relevé les vulnérabilités liées à la porosité des frontières et à la faible présence de l’État dans certaines zones, propices au recrutement de jeunes, au trafic de drogue et d’êtres humains, à l’extorsion et au financement illicite.
De son côté, le secrétaire général adjoint de l’ONU pour l’Afrique, H.E. @AmbMKimani, a appelé à traduire le principe de bon voisinage en actions concrètes. Il a notamment cité les opérations conjointes, le partage du renseignement, les systèmes d’alerte précoce, l’harmonisation des cadres juridiques et la lutte contre le financement du terrorisme. L’objectif affiché est de faire des frontières africaines non plus seulement des lignes de séparation, mais des espaces de paix, de sécurité, de commerce et de prospérité partagée.








