Au Cameroun, le Conseil national de la communication (CNC) a suspendu pour un mois la chaîne de télévision Vision 4, propriété du groupe L’Anecdote de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga. La décision, prise à la suite de plusieurs manquements relevés dans la couverture du procès de l’affaire Martinez Zogo, est dénoncée par le groupe comme un « acharnement ».
La sanction fait suite à un reportage consacré à Me Ziefman, avocate des ayants droit de l’animateur radio Martinez Zogo, assassiné en 2023. Selon le CNC, le sujet diffusé par Vision 4 comportait des « propos offensants, sans lien avec le journalisme » et portait atteinte à la dignité de l’avocate des parties civiles. Réuni en session extraordinaire le 26 septembre, le régulateur a également alourdi les sanctions visant certains responsables du groupe. La suspension du journaliste Martial Owona, déjà sanctionné en juin, a été portée de trois à six mois. Boney Philippe, directeur des médias du groupe L’Anecdote, a pour sa part été suspendu pendant un mois.
L’Anecdote dénonce une sanction « grossière »
Le groupe L’Anecdote conteste les décisions du CNC. Boney Philippe estime que les sanctions traduisent un acharnement contre le média. « Le problème maintenant, c’est qu’il n’essaie même plus d’habiller leur acharnement », a-t-il déclaré, dénonçant une volonté de « faire taire un média ». Le CNC assure de son côté que la suspension résulte de l’accumulation de manquements commis par une chaîne considérée comme récidiviste. Un responsable de l’institution a indiqué à RFI que la décision n’avait « rien de politique ».
La liberté de la presse au cœur du débat
La sanction suscite néanmoins des critiques dans le milieu médiatique. Thierry Eba, président du Syndicat des professionnels des médias, la juge disproportionnée et estime qu’elle constitue une atteinte à la liberté de la presse et au droit du public à une information pluraliste. Cette nouvelle sanction intervient dans un contexte particulièrement sensible autour du procès de l’affaire Martinez Zogo, dans lequel Jean-Pierre Amougou Belinga figure parmi les principaux accusés, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI








