Le gouvernement béninois prépare une nouvelle organisation du développement territorial avec la création de six pôles regroupant plusieurs communes. Le dispositif sera mis en œuvre en quatre phases, d’octobre 2026 à décembre 2027, avec pour ambition de mieux valoriser les potentialités économiques locales et de réduire les disparités entre les territoires.
Le Bénin franchit une nouvelle étape dans sa politique d’aménagement du territoire. Le gouvernement a donné son feu vert à la mise en place de six pôles de développement territorial. Cette réforme doit permettre d’adapter davantage les politiques publiques aux réalités et aux potentialités propres à chaque région. Portée par le président de la République, cette nouvelle architecture vise notamment à favoriser la création d’emplois, soutenir les investissements, développer les industries locales et accélérer la réalisation des infrastructures socio-économiques. Quatre secteurs ont été retenus comme principaux leviers de développement : l’agriculture, le tourisme, l’industrie et l’innovation.
Six pôles pour structurer le développement
Le territoire national sera organisé autour de six pôles. Le pôle Nord-Est regroupera notamment Parakou, Banikoara, Bembèrèkè, Kandi, Malanville, Nikki, N’Dali, Tchaourou et plusieurs autres communes. Le pôle Nord-Ouest réunira Natitingou, Bassila, Boukombé, Djougou, Kérou, Kouandé, Matéri, Ouaké, Péhunco, Tanguiéta et Toucountouna, entre autres. Dans le centre du pays, le pôle Centre comprendra notamment Abomey, Bohicon, Dassa-Zoumè, Djidja, Glazoué, Savalou, Savè, Za-Kpota, Zagnanado et Zogbodomey. Le pôle Sud-Est regroupera Pobè, Adja-Ouèrè, Adjarra, Adjohoun, Akpro-Missérété, Avrankou, Bonou, Dangbo, Ifangni, Kétou et Sakété. Le pôle Sud-Ouest rassemblera notamment Lokossa, Allada, Aplahoué, Athiémé, Bopa, Comè, Dogbo, Grand-Popo, Houéyogbé, Klouékanmè, Lalo, Toffo, Tori-Bossito, Toviklin et Zè. Enfin, le pôle Grand-Nokoué sera constitué des communes d’Abomey-Calavi, Cotonou, Ouidah, Porto-Novo et Sèmè-Kpodji.
Une mise en œuvre en quatre phases
La réforme sera déployée progressivement. D’octobre à décembre 2026, la première phase sera consacrée à l’installation de la gouvernance. Elle prévoit la nomination des Délégués généraux, la mise en place du Comité national de pilotage, le recrutement des experts et la réalisation d’un diagnostic économique et territorial. La deuxième phase, de janvier à mars 2027, consistera à identifier les filières prioritaires et les moteurs de croissance de chaque pôle. Les besoins en infrastructures, en foncier et en compétences devront également être recensés, avec l’élaboration d’un portefeuille de projets publics et privés. D’avril à juin 2027, la troisième phase sera consacrée à la planification. Elle devra aboutir à une feuille de route précisant les responsabilités de l’État, des collectivités territoriales et du secteur privé. Enfin, de juillet à décembre 2027, le dispositif entrera dans sa phase opérationnelle. Les premiers projets prioritaires seront lancés et un mécanisme de suivi-évaluation permettra de mesurer les résultats obtenus.
Une gouvernance sous l’impulsion de la présidence
Le dispositif sera piloté par un Comité national de pilotage présidé par le chef de l’État, avec un Secrétariat permanent et six délégations correspondant aux différents pôles. Chaque délégation sera dirigée par un Délégué général, assisté de chargés de mission, d’experts et de personnels administratifs. À travers cette réforme, le gouvernement veut faire des spécificités économiques de chaque territoire un moteur de croissance et d’emploi. Le principal défi sera désormais de traduire cette nouvelle organisation en projets concrets et en résultats tangibles pour les populations, notamment en matière d’infrastructures, d’activités économiques et de réduction de la pauvreté.








