La Chambre des représentants libyenne a approuvé à l’unanimité, mardi, l’accord de délimitation maritime conclu avec la Türkiye en novembre 2019. Réunis à Benghazi, les députés sont également revenus sur deux résolutions adoptées en 2020, dont l’une rejetait les mémorandums d’entente avec Ankara et l’autre appelait à rompre les relations politiques avec le pays.
Le Parlement libyen opère un changement de position sur ses relations avec la Türkiye. Dans un communiqué publié à Benghazi, il a annoncé l’approbation unanime du mémorandum d’entente relatif à la délimitation des zones de juridiction maritime en Méditerranée, signé en novembre 2019 entre Ankara et l’ancien Gouvernement d’union nationale libyen. Cette décision s’accompagne de l’abrogation à l’unanimité de la résolution n° 1 de 2020, qui rejetait la ratification de deux mémorandums d’entente conclus entre les deux pays. Les députés ont également annulé la résolution n° 6 de la même année, qui appelait à la rupture des relations politiques avec Ankara.
Un revirement après six ans d’opposition
Ces décisions marquent un changement dans la position de la Chambre des représentants, basée dans l’est de la Libye, à l’égard des accords conclus par l’ancien Gouvernement d’union nationale. En 2020, les députés s’étaient opposés à ces engagements et avaient appelé à rompre les relations politiques avec la Türkiye. Le vote de mardi revient ainsi sur cette ligne politique, dans un contexte marqué par les divisions institutionnelles qui continuent d’influencer les orientations diplomatiques de la Libye.
Un accord au cœur des enjeux méditerranéens
Signé en novembre 2019, l’accord maritime entre la Türkiye et la Libye vise à délimiter les zones de juridiction maritime des deux pays en Méditerranée. Il occupe une place importante dans la stratégie maritime d’Ankara et dans ses relations avec les autorités libyennes. L’approbation du Parlement pourrait favoriser un rapprochement institutionnel entre les deux parties et faciliter le développement de leur coopération bilatérale. La portée concrète de cette décision dépendra toutefois de sa mise en œuvre et de son articulation avec les autres autorités libyennes concernées.
Norbert MEGAN YAOVI








