Le Cameroun a été auditionné, jeudi 22 octobre à Genève, par le Comité des droits de l’homme des Nations unies sur le respect du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Les échanges ont porté sur plusieurs sujets sensibles, notamment la corruption, les violences dans les régions anglophones et l’Extrême-Nord, les détentions arbitraires, les procès de civils devant les tribunaux militaires, l’affaire Martinez Zogo et les droits des personnes homosexuelles.
Conduite par l’ambassadeur et représentant permanent du Cameroun auprès des Nations unies, la délégation camerounaise a mis en avant l’existence d’un cadre juridique destiné à protéger les droits humains. Elle a toutefois reconnu de possibles décalages entre les dispositions légales et leur application sur le terrain. Concernant les civils poursuivis devant les juridictions militaires, les représentants de Yaoundé ont défendu la légalité de cette pratique. Selon eux, ces tribunaux peuvent être saisis lorsque les faits concernent notamment une participation présumée de membres des forces de défense et de sécurité ou l’usage d’armes à feu. L’affaire Martinez Zogo a notamment été évoquée dans ce contexte.
Les droits des personnes homosexuelles en question
La situation des personnes homosexuelles et les discriminations liées à l’orientation sexuelle ont également occupé une place importante dans les échanges. Pour justifier la position du pays, la délégation a invoqué le rejet de ces pratiques qu’elle estime largement partagé au sein de la société camerounaise. Elle a assuré que les personnes homosexuelles ne faisaient pas l’objet de traques systématiques et soutenu que la loi intervenait uniquement dans des situations de flagrance ou d’atteinte à la pudeur. Les discussions doivent se poursuivre ce vendredi 23 octobre, avec de nouvelles réponses attendues de la délégation camerounaise, avant la clôture de cette audition. Les échanges s’inscrivent dans le suivi international du respect par le Cameroun de ses obligations en matière de droits civils et politiques.
Norbert MEGAN YAOVI








