Pékin défend une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU visant à accorder davantage de place aux pays africains. Une initiative qui traduit aussi la volonté chinoise de renforcer son influence auprès des pays du Sud global.
La Chine entend se positionner comme l’un des principaux défenseurs des pays en développement sur la scène internationale. Lors du Forum mondial sur la gouvernance mondiale, organisé à Xiong’an, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a plaidé pour une réforme de l’Organisation des Nations unies (ONU), mettant notamment l’accent sur une meilleure représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité. Cette prise de position intervient alors que le continent africain réclame depuis plusieurs années une place plus importante au sein de l’instance chargée du maintien de la paix et de la sécurité internationales. À ce jour, aucun pays africain ne dispose d’un siège permanent au Conseil de sécurité, malgré les revendications en faveur d’au moins deux sièges permanents, assortis du droit de veto selon certaines propositions africaines.
Un levier pour renforcer l’influence chinoise
En soutenant ces revendications, Pékin affirme défendre les intérêts des pays du Sud global, qui dénoncent régulièrement leur faible poids dans les mécanismes de décision internationale. La Chine entend ainsi promouvoir un ordre mondial qu’elle présente comme plus équitable et représentatif. Derrière cet engagement se dessine également un enjeu diplomatique : consolider les relations avec les pays africains et rallier davantage d’États à la vision chinoise de la gouvernance mondiale. Le soutien à une réforme du Conseil de sécurité constitue, dans cette perspective, un moyen de renforcer sa présence diplomatique sur le continent.
Des ambitions encore à concrétiser
Toutefois, les déclarations de Wang Yi restent générales. Le chef de la diplomatie chinoise n’a désigné aucun candidat africain potentiel et n’a pas précisé les prérogatives qui pourraient être accordées aux futurs membres permanents. La réforme du Conseil de sécurité demeure par ailleurs un processus complexe. Toute modification de sa composition nécessite notamment l’approbation des cinq membres permanents actuels, dont la Chine, ainsi que la ratification de l’amendement à la Charte des Nations unies par les deux tiers des États membres, y compris les cinq membres permanents. Si Pékin affiche sa volonté de donner davantage de poids aux pays du Sud global, les modalités d’une redistribution du pouvoir au sein de l’ONU restent donc à négocier.
Norbert MEGAN YAOVI








