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Burkina Faso : Vers des programmes scolaires ancrés dans l’histoire africaine

Le Burkina Faso envisage de revoir ses programmes scolaires pour mieux valoriser son histoire, ses références culturelles et ses réalités nationales. Soutenue par le politologue togolais Paul Amegakpo, cette initiative vise à transmettre aux jeunes générations une connaissance plus rigoureuse du passé africain.

Le Burkina Faso veut donner une nouvelle orientation à l’enseignement de son histoire. Les autorités envisagent une révision des programmes scolaires, notamment en histoire, en géographie et en instruction civique, afin de mieux prendre en compte les réalités nationales et les références culturelles africaines. Cette démarche bénéficie du soutien du politologue togolais Paul Amegakpo, qui voit dans la décolonisation du savoir un levier pour reconstruire la mémoire collective et renforcer la connaissance de l’histoire nationale. « La décolonisation du savoir fait partie de la reconstruction d’un mental collectif axé sur les réalités du pays », souligne-t-il. Selon lui, les élèves doivent pouvoir mieux connaître l’histoire de leur pays, ses forces comme ses faiblesses, pour comprendre le présent et préparer l’avenir.

Repenser les récits historiques

Le ministre burkinabè de l’Enseignement secondaire, Moumouni Zoungrana, justifie cette révision par la nécessité de supprimer des programmes les formulations qu’il juge infantilisantes ou déshumanisantes à l’égard des peuples africains. Il souhaite également accorder davantage de place aux valeurs nationales dans les contenus enseignés. Paul Amegakpo estime, pour sa part, que certains épisodes de l’histoire africaine ont été présentés de manière partielle ou déformée dans les manuels scolaires. Il cite notamment le cas du Togo et d’un traité conclu entre un chef local et un représentant de l’Allemagne coloniale.

D’après son analyse, cet accord a été présenté comme un traité de protectorat ayant permis à l’Allemagne d’étendre sa domination sur l’ensemble du territoire togolais. Le politologue invite à réexaminer les circonstances de sa signature ainsi que la capacité du chef concerné à engager les autres populations du territoire. Cette lecture appelle toutefois une vérification à partir des archives et des travaux d’historiens afin de distinguer les faits établis des interprétations historiques. Pour Paul Amegakpo, une telle démarche permettrait aux élèves de mieux comprendre les mécanismes de la colonisation et les conditions dans lesquelles les territoires africains sont passés sous domination étrangère.

Miser sur la recherche et les compétences africaines

Pour réussir cette réforme, le politologue préconise de s’appuyer sur des recherches historiques rigoureuses et sur l’expertise des spécialistes locaux. Il encourage les autorités burkinabè à associer les intellectuels, les historiens et les autres personnes ressources du pays, tout en sollicitant des compétences issues d’autres États africains. Au-delà de la réécriture des manuels, l’enjeu consiste à transmettre aux nouvelles générations une connaissance fiable de leur passé, de leur environnement géographique et de leurs références culturelles. La réussite d’une telle entreprise dépendra néanmoins de la qualité des sources mobilisées, de la confrontation des différentes interprétations et du respect des exigences scientifiques. L’objectif est de mieux valoriser l’histoire africaine sans substituer un récit idéologique à un autre, afin de proposer aux élèves des contenus documentés et équilibrés.

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