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Arrestation de deux journalistes au Mali provoque une indignation

L’incarcération des journalistes maliens Chahana Takiou et Abdrahamane Keïta par le pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre la cybercriminalité provoque une vive controverse au Mali et relance les interrogations sur la liberté de la presse. Les deux professionnels des médias ont été placés sous mandat de dépôt les 8 et 9 juin 2026 à Bamako, dans un contexte déjà marqué par des tensions entre institutions judiciaires et presse nationale. Cette affaire suscite une forte indignation au sein des organisations professionnelles et des défenseurs des droits des journalistes.

Directeur de publication du journal 22 Septembre, Chahana Takiou est poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire ». Les faits qui lui sont reprochés découlent de déclarations publiques tenues lors d’une rencontre consacrée au « journalisme panafricain » organisée à Bamako. Au cours de cet échange, il avait remis en question certaines pratiques judiciaires appliquées aux délits de presse, estimant que la législation n’était pas correctement respectée par certains magistrats. Il avait également évoqué le cas du journaliste Youssouf Sissoko, condamné à deux ans de prison ferme en mars dernier, pour illustrer ce qu’il considère comme des violations des droits des professionnels des médias. Après plusieurs heures d’audition devant le procureur Adama Coulibaly, il a été écroué et son procès est prévu pour le 27 juillet 2026.

La situation s’est aggravée avec l’arrestation d’Abdrahamane Keïta, journaliste au journal Le Témoin, également placé sous mandat de dépôt par la même juridiction spécialisée. Il est poursuivi après avoir déclaré que la ville de Kidal, tombée le 25 avril sous le contrôle du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et de rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA), serait désormais administrée par le chef du mouvement jihadiste. Ces propos, jugés sensibles dans un contexte sécuritaire tendu, ont conduit à son incarcération.

Ces deux arrestations successives alimentent une vague d’indignation dans les milieux médiatiques maliens et au-delà. Plusieurs organisations de presse dénoncent une judiciarisation croissante du travail journalistique et alertent sur un possible recul des libertés fondamentales. Dans un contexte marqué par l’instabilité sécuritaire et politique, cette affaire remet au centre du débat la question de l’équilibre entre la protection des institutions de l’État et la garantie de la liberté d’expression au Mali.

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