Plus de 2 000 habitants d’Am Dafock ont trouvé refuge à Birao après l’attaque menée le 30 juin 2026 par l’Alliance du sursaut patriotique (ASP) dans cette localité du nord-est de la République centrafricaine. Malgré la reprise du contrôle de la zone par l’armée centrafricaine et ses alliés russes, des milliers de civils restent confrontés à une situation humanitaire alarmante, marquée par le manque d’eau potable, de nourriture, d’abris et d’accès aux soins.
La crise humanitaire persiste dans le nord-est de la République centrafricaine. À Birao, plusieurs milliers de personnes déplacées originaires d’Am Dafock tentent de survivre dans des conditions extrêmement difficiles après les affrontements meurtriers qui ont frappé cette ville située à la frontière avec le Soudan.
Le 30 juin 2026, des combattants de l’Alliance du sursaut patriotique (ASP) ont lancé une attaque contre Am Dafock. Les combats qui ont suivi ont causé la mort d’une trentaine de personnes et fait plusieurs dizaines de blessés. Face aux violences, de nombreux habitants ont abandonné leurs maisons pour rejoindre des zones jugées plus sûres.
Plus de 2 000 personnes ont ainsi fui vers Birao, certaines parcourant plusieurs dizaines de kilomètres à pied. Parmi elles, Maïmouna, une mère de famille, raconte les difficultés rencontrées depuis son déplacement. « Nous avons parcouru 60 kilomètres à pied pour venir ici. Notre vie est un véritable calvaire. Il n’y a rien à manger, ni d’eau potable à Am Dafock. Nos enfants sont malades, mais il n’y a pas de soins », témoigne-t-elle.
À Birao, l’arrivée des déplacés n’a pas mis fin aux souffrances. Plusieurs familles vivent encore dans des abris de fortune construits avec des morceaux de tissus, des bâches usées ou des matériaux de récupération. L’absence de logements adaptés expose particulièrement les enfants et les personnes vulnérables aux conséquences des intempéries et aux risques sanitaires.
Souleymane Francis, déplacé d’Am Dafock, tente chaque jour de trouver des ressources pour nourrir sa famille. À l’aide d’un âne, il transporte du bois et vend quelques fagots afin de subvenir aux besoins essentiels de ses proches. « Nous dormons sous des morceaux de pagnes, de grands sachets et de vieilles bâches. Quand il pleut, des familles entières, y compris des enfants, restent sous la pluie », explique-t-il.
La situation demeure également critique à Am Dafock. Près de 16 000 personnes déplacées continuent de vivre autour de la base de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca). D’autres habitants se sont réfugiés dans la brousse, loin des services essentiels.
Depuis deux semaines, l’armée centrafricaine et ses alliés russes ont repris le contrôle de la localité. Les autorités locales assurent que la situation sécuritaire s’améliore progressivement et que les acteurs humanitaires ont commencé leurs interventions auprès des populations touchées.
Thierry Evariste Binguinendji, gouverneur de la région du Fertit, affirme que des mesures sont engagées pour accompagner les victimes. « La ville est calme, bien sécurisée. Les humanitaires se sont vraiment dépêchés. À Am Dafock, ils sont à pied d’œuvre pour aider les populations », a-t-il déclaré.
Située à proximité immédiate du Soudan, Am Dafock reste une zone stratégique mais fragile. La porosité de la frontière entre les deux pays facilite depuis plusieurs années la circulation des armes et l’activité des groupes armés dans cette région.
Pour les populations déplacées, le retour à la normale dépend désormais d’une paix durable et d’une amélioration de la situation sécuritaire. En attendant de regagner leurs domiciles, des milliers de civils continuent d’attendre une assistance humanitaire adaptée dans le nord-est de la République centrafricaine.








