Une offensive menée le 12 juillet 2026 par la Chambre des opérations pour la libération du Sud (Cols) contre une position de l’Armée nationale libyenne (ANL) dans le Fezzan marque une nouvelle escalade sécuritaire en Libye. En ciblant la base aérienne stratégique d’Al-Wigh, située près des frontières avec le Niger et le Tchad, ce groupe armé affiche sa volonté de contester l’influence du maréchal Khalifa Haftar dans le sud du pays. L’attaque intervient dans un contexte marqué par les divisions politiques, les rivalités militaires et les ambitions géostratégiques des puissances étrangères.
Le 12 juillet 2026, la Chambre des opérations pour la libération du Sud (Cols), dirigée par Mohamad Wardougou, a lancé une offensive contre un dispositif militaire de l’Armée nationale libyenne (ANL) dans le Fezzan, au sud-ouest de la Libye. Les combattants ont ciblé un barrage militaire menant à la base aérienne d’Al-Wigh, une infrastructure stratégique située à proximité des frontières nigérienne et tchadienne. Malgré cette attaque, le groupe armé n’est pas parvenu à prendre le contrôle de la base.
Cette opération intervient alors que les chefs d’état-major des forces de l’est et de l’ouest libyens se réunissaient à Syrte, sous l’impulsion des États-Unis, afin de favoriser une meilleure coordination sécuritaire entre les deux camps rivaux. L’attaque démontre toutefois la fragilité des efforts de rapprochement dans un pays encore profondément divisé depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.
Créée en janvier 2026, la Cols est née d’une opposition à la domination du clan Haftar sur le Fezzan, vaste région désertique riche en hydrocarbures et considérée comme un espace stratégique pour les routes commerciales et sécuritaires vers le Sahel. En s’attaquant à la base d’Al-Wigh, le groupe entend affirmer sa présence militaire et remettre en cause l’autorité de l’ANL dans une zone considérée comme un bastion du maréchal Khalifa Haftar.
L’offensive révèle également les enjeux internationaux liés au conflit libyen. La base d’Al-Wigh accueille des éléments de l’Africa Corps, structure russe présente en Afrique et proche des forces de Haftar. La Russie dispose de plusieurs positions militaires dans l’est et le sud de la Libye, faisant du pays un point d’appui stratégique pour son influence sur le continent africain.
Quinze ans après le soulèvement de 2011 soutenu par l’OTAN qui a conduit à la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye reste confrontée à une profonde crise politique et sécuritaire. Le pays demeure partagé entre le Gouvernement d’unité nationale, reconnu par les Nations unies et basé à l’ouest, et les autorités de l’est soutenues par Khalifa Haftar. L’attaque contre Al-Wigh confirme ainsi la persistance des tensions dans un territoire où le contrôle des ressources pétrolières, les alliances étrangères et les rivalités armées continuent de façonner l’avenir politique du pays.








