À quelques jours du second tour de l’élection présidentielle au Pérou, Keiko Fujimori s’impose comme la favorite du scrutin prévu ce dimanche. Dans plusieurs quartiers populaires de Lima, la candidate de droite bénéficie d’un soutien croissant de citoyens confrontés à l’insécurité et à la précarité économique. Malgré les controverses liées à l’héritage politique de son père, l’ancien président Alberto Fujimori, une partie de l’électorat voit en elle une réponse aux défis sécuritaires qui secouent le pays.
À Lima, notamment dans les zones défavorisées de la périphérie sud, la campagne présidentielle est dominée par les questions de sécurité. Face à la montée des violences, des extorsions et du crime organisé, de nombreux habitants considèrent Keiko Fujimori comme la candidate la plus à même de restaurer l’ordre.
Dans le quartier de Villa María del Triunfo, Rosa, gérante d’une cantine populaire, affirme soutenir la dirigeante du parti Fuerza Popular. Comme beaucoup de travailleurs modestes, elle estime que les promesses de fermeté de la candidate pourraient contribuer à réduire l’insécurité qui affecte le quotidien des habitants et des petits commerçants.
Le soutien dont bénéficie Keiko Fujimori s’explique également par le souvenir laissé par son père dans certaines communautés populaires. Plusieurs habitants évoquent les infrastructures réalisées durant son mandat, notamment des routes et des aménagements ayant facilité le développement de quartiers longtemps marginalisés.
Toutefois, cette mémoire positive se heurte à une réalité plus complexe. Alberto Fujimori demeure une figure controversée de l’histoire péruvienne. Condamné pour des violations des droits humains commises durant sa présidence, il reste au cœur d’un débat national qui divise profondément la société.Après trois échecs successifs au second tour, Keiko Fujimori semble plus proche que jamais d’accéder à la présidence. Son adversaire, Roberto Sánchez, peine également à convaincre un électorat marqué par une profonde défiance envers la classe politique.
Dans un contexte de crise économique, d’insécurité persistante et de fragmentation politique, les électeurs péruviens devront choisir entre le désir de changement et la promesse d’un retour à l’autorité de l’État. Le résultat du scrutin pourrait redessiner durablement le paysage politique du pays.
À l’approche du vote, Keiko Fujimori capitalise sur les préoccupations sécuritaires et le souvenir des réalisations associées au fujimorisme. Reste à savoir si cette dynamique suffira à surmonter les controverses héritées du passé et à convaincre une majorité de Péruviens de lui confier les rênes du pouvoir.








