Face à l’épidémie d’Ebola qui frappe durement la province de l’Ituri, le gouvernement congolais franchit une étape majeure dans sa politique sanitaire. En déplacement à Bunia et à Mongbwalu, le ministre de la Santé, Roger Kamba, a annoncé la gratuité des consultations et des soins pour l’ensemble des maladies dans cette province de l’est de la République démocratique du Congo. Une mesure exceptionnelle destinée à renforcer l’accès aux soins tout en soutenant la lutte contre Ebola.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé la prise en charge intégrale des consultations médicales et des soins pour toutes les pathologies dans la province de l’Ituri, épicentre de l’actuelle épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo. L’annonce a été faite par le ministre de la Santé, Roger Kamba, lors d’une mission officielle effectuée à Bunia ainsi qu’à Mongbwalu, localité minière d’où est partie l’épidémie.
Cette décision intervient alors que le pays fait face à une recrudescence préoccupante des cas d’Ebola. Selon les chiffres communiqués par les autorités sanitaires, l’épidémie a déjà provoqué 247 décès parmi les 956 cas recensés sur le territoire national. Dans ce contexte, le gouvernement entend éviter que la mobilisation massive des ressources consacrées à la riposte contre Ebola ne se fasse au détriment des autres urgences sanitaires affectant les populations locales.
Pour les autorités congolaises, cette gratuité généralisée constitue également un moyen de réduire les obstacles financiers qui empêchent de nombreux habitants de consulter rapidement les structures de santé. En facilitant l’accès aux soins, le gouvernement espère limiter les décès à domicile, améliorer la détection précoce des maladies et renforcer la confiance des populations envers le système sanitaire.
Afin d’assurer le financement de cette mesure ambitieuse, Roger Kamba a indiqué que l’État s’appuiera notamment sur la taxe pour la promotion de la santé, entrée en vigueur en mars dernier. Le ministre a également évoqué la mise en œuvre prochaine de l’assurance maladie obligatoire, présentée comme un pilier essentiel de la réforme du système de santé congolais.
Par ailleurs, les autorités ont annoncé une réorganisation de la prise en charge des patients atteints d’Ebola. Ceux-ci ne seront bientôt plus hospitalisés dans les hôpitaux généraux, mais dans des centres spécialisés de traitement actuellement en cours d’installation. Cette stratégie vise à améliorer la qualité des soins tout en réduisant les risques de contamination dans les établissements de santé classiques.
Le gouvernement a également pris des engagements en faveur du personnel médical mobilisé dans la lutte contre l’épidémie. Les familles des soignants décédés des suites d’Ebola bénéficieront d’une indemnisation, alors qu’une dizaine de professionnels de santé ont déjà perdu la vie dans le cadre de cette crise. De plus, les médecins et agents de santé directement engagés dans la riposte verront leur prime de risque doublée.
À travers ces différentes mesures, les autorités congolaises ambitionnent non seulement de contenir l’épidémie d’Ebola, mais aussi de poser les bases d’un accès plus équitable aux soins de santé. L’Ituri pourrait ainsi devenir un laboratoire grandeur nature pour une future généralisation de la gratuité des soins en République démocratique du Congo.
Samuel Richard KAKPO








