À Antananarivo, la circulation est fortement perturbée depuis le mardi 24 juin 2026, à la suite d’une grève des taxis-be. Les chauffeurs de ces minibus, piliers du transport urbain de la capitale malgache, dénoncent la multiplication de contrôles et de sanctions jugés excessifs par la Direction des transports de la commune (DTMU). Le mouvement, massivement suivi et concentré devant l’Hôtel de Ville, intervient à la veille des célébrations de la fête nationale du 26 juin, accentuant les tensions sociales et politiques dans la capitale.
Dès le matin du 24 juin 2026, les chauffeurs de taxis-be ont suspendu leurs activités pour converger vers le centre administratif d’Antananarivo, notamment l’Hôtel de Ville. Leur mobilisation vise à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une pression administrative et financière devenue insoutenable. Très rapidement, les autorités ont déployé un dispositif de sécurité important afin de bloquer l’accès au bâtiment et contenir les manifestants.
Vers 12h30, la tension a atteint son paroxysme lorsque plusieurs centaines de chauffeurs se sont rassemblés sur la place de l’Hôtel de Ville, exprimant leur colère et exigeant des réponses immédiates des autorités municipales. Au centre du conflit, la Direction des transports de la commune est directement visée par les grévistes. Ces derniers dénoncent une intensification des contrôles routiers ainsi que des sanctions financières jugées disproportionnées. Selon plusieurs chauffeurs, ces mesures fragilisent davantage une profession déjà confrontée à de fortes contraintes économiques.
Un manifestant interrogé sur place accuse la DTMU d’exercer une pression excessive sur les transporteurs, estimant que les amendes imposées sont difficilement supportables pour les conducteurs, dont les revenus restent précaires.
Face à l’ampleur de la mobilisation, une réunion de crise a été organisée à l’intérieur de l’Hôtel de Ville d’Antananarivo. Elle réunit le président de la délégation spéciale, le ministre des Transports ainsi que plusieurs conseillers. L’objectif est de trouver une issue rapide au conflit afin de limiter les perturbations dans la capitale. Les discussions portent notamment sur les modalités des contrôles routiers et les possibilités d’ajustement du dispositif actuel, dans un contexte de forte pression sociale.
Du côté des autorités, la réponse reste ferme. Le directeur de la police, Victor Tsaramonina, a indiqué que des ajustements pourraient être envisagés, notamment à travers des actions de sensibilisation et de dialogue. Toutefois, il a clairement exclu toute remise en cause de l’application stricte de la loi, avertissant contre tout risque de désordre dans la capitale.
La grève a des conséquences immédiates sur les usagers des transports publics. Dans plusieurs quartiers d’Antananarivo, les arrêts de bus sont saturés, et de nombreux habitants sont contraints de marcher de longues distances pour rejoindre leur destination. Cette paralysie intervient à un moment particulièrement sensible, à seulement deux jours des célébrations du 26 juin, qui marqueront la première fête nationale sous la présidence de Michaël Randrianirina, ajoutant une dimension politique à la crise actuelle.
Alors que les discussions se poursuivent entre les parties prenantes, les chauffeurs de taxis-be maintiennent leur position et n’excluent pas une prolongation de la grève. L’incertitude demeure donc quant à un retour rapide à la normale dans la capitale malgache.








