Les autorités burkinabè ont déclaré persona non grata deux responsables de la délégation de l’Union européenne (UE) à Ouagadougou. Le chef adjoint de la représentation européenne et une chargée de programme disposent de 72 heures pour quitter le Burkina Faso. Notifiée le 14 juillet 2026, cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Ouagadougou et Bruxelles.
Le Burkina Faso a franchi une nouvelle étape dans la dégradation de ses relations avec l’Union européenne. Selon l’Agence d’information du Burkina (AIB), les autorités burkinabè ont ordonné le départ de deux membres de la délégation européenne installée à Ouagadougou. Il s’agit du chef adjoint de la délégation de l’Union européenne au Burkina Faso et d’une chargée de programme. Leurs identités n’ont pas été communiquées.
La décision, officiellement notifiée le 14 juillet 2026, leur accorde un délai de 72 heures pour quitter le territoire burkinabè. Pour l’heure, aucune explication officielle n’a été fournie par les autorités de Ouagadougou. L’Union européenne n’a également pas encore réagi publiquement à cette mesure.
Cette expulsion intervient dans un climat diplomatique tendu entre le Burkina Faso et l’Union européenne. En juin 2026, le Parlement européen avait adopté une résolution dénonçant la dégradation de l’espace civique et des libertés fondamentales dans le pays. Le texte appelait également à l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur des allégations de violations des droits humains.
Les autorités burkinabè avaient vivement contesté cette initiative, la qualifiant d’hostile et d’ingérence dans les affaires internes du pays. Le 22 juin 2026, le ministre burkinabè des Affaires étrangères avait convoqué le chef de la délégation de l’Union européenne à Ouagadougou pour lui notifier la protestation officielle du gouvernement.
Cette nouvelle décision s’inscrit dans une série de tensions avec plusieurs partenaires occidentaux. Dans la même période, Ouagadougou avait annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec la France. L’envoyé spécial de l’Union européenne pour le Sahel, en visite au Burkina Faso, avait également vu plusieurs de ses rencontres avec les autorités annulées.
Avec l’expulsion de ces deux responsables européens, le Burkina Faso confirme son durcissement diplomatique à l’égard de Bruxelles, dans un contexte régional marqué par une profonde recomposition des alliances internationales au Sahel.








