Face à la progression du cyberharcèlement et des pratiques de sextorsion, trois organisations de la société civile camerounaise ont lancé le programme « Bouclier numérique ». Déployée à Yaoundé et à Bafoussam, cette initiative vise à protéger les victimes, sensibiliser les jeunes et renforcer la prévention contre les violences numériques.
Au Cameroun, la lutte contre les violences numériques connaît une nouvelle dynamique avec le lancement du programme « Bouclier numérique ». Cette initiative a été officiellement mise en place le 9 juillet 2026 à Yaoundé par la Fondation Cœur de Mère, la Fondation SNK et CyberinnoShield Foundation.
Ce dispositif intervient alors que les cas de cyberharcèlement et de sextorsion inquiètent de plus en plus les acteurs de la société civile. Le phénomène consiste à menacer une personne de diffuser des images ou vidéos intimes afin d’obtenir de l’argent, des avantages ou d’exercer une pression psychologique.
Le programme ambitionne de prévenir ces pratiques, d’accompagner les victimes et de renforcer les connaissances des populations sur les risques liés à l’utilisation du numérique.
Derrière les écrans, plusieurs victimes vivent des situations difficiles, marquées par la peur, la honte et l’isolement. Des étudiantes, des professionnelles et de simples utilisatrices des réseaux sociaux sont régulièrement confrontées à des menaces après le partage ou le vol de contenus privés.
Sylvanie témoigne du traumatisme vécu par une proche victime de sextorsion. Après une rupture sentimentale, un homme aurait menacé de publier des images intimes de la jeune femme. La diffusion de ces contenus auprès de son entourage aurait provoqué une importante souffrance psychologique.
Face à ces situations, de nombreuses victimes restent silencieuses, craignant le regard de la société et les conséquences familiales ou professionnelles.
Avec le « Bouclier numérique », les organisations porteuses du projet souhaitent créer un espace de confiance permettant aux victimes de s’exprimer et d’obtenir un soutien approprié.
Murielle Leumeni, responsable de la Fondation Cœur de Mère, explique que l’objectif est de renforcer la cybersécurité tout en encourageant les victimes à sortir du silence. Elle souligne que plusieurs personnes concernées renoncent encore à témoigner en raison de la honte.
Le programme prévoit également des formations destinées à apprendre aux utilisateurs à détecter les faux comptes, prévenir l’usurpation d’identité et reconnaître les différentes formes d’arnaques en ligne.
Les jeunes figurent parmi les principales cibles de cette campagne de sensibilisation. Les responsables du projet prévoient des interventions dans les établissements scolaires et universitaires afin de développer une meilleure culture numérique.
Ghislaine Mangoua, directrice de la Fondation SNK, annonce une phase de formation destinée aux élèves et étudiants pour les aider à adopter des comportements plus responsables sur internet.
Au-delà de la sextorsion, le programme entend également combattre d’autres menaces numériques comme les piratages de comptes, les escroqueries en ligne, les faux profils et les manipulations d’images.
Avec cette initiative, les acteurs engagés veulent contribuer à rendre l’espace numérique camerounais plus sûr et offrir aux victimes un accompagnement adapté face aux nouvelles formes de cybercriminalité.








