L’Union africaine veut accélérer le renforcement de la souveraineté sanitaire du continent. À l’ouverture de la 76e session du Comité régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique, à Addis-Abeba, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé les États africains à davantage prendre en main la protection de leurs populations.
Présent aux côtés du président éthiopien Taye Atske Selassie et du directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, Mahmoud Ali Youssouf a rappelé que la sécurité sanitaire constitue un enjeu majeur pour la réalisation de « l’Afrique que nous voulons ». Pour le président de la Commission de l’UA, les pays africains doivent progressivement assumer une plus grande responsabilité dans la gestion des enjeux sanitaires, tout en conservant des partenariats solides avec la communauté internationale.
Cette ambition passe notamment par la construction d’une architecture sanitaire africaine plus cohérente. Elle repose sur une meilleure préparation aux crises, un financement durable du secteur, le développement de l’innovation numérique, ainsi que l’augmentation de la production locale de médicaments et d’équipements médicaux. Mahmoud Ali Youssouf a également appelé à renforcer les institutions sanitaires continentales et à réduire la dépendance de l’Afrique à l’aide extérieure. Il estime que les priorités sanitaires du continent doivent être davantage financées par les ressources africaines. « Le partenariat ne peut pas remplacer l’appropriation », a-t-il déclaré, invitant les États à passer des engagements aux actions concrètes et de la dépendance à une véritable souveraineté sanitaire.
La 76e session du Comité régional de l’OMS réunit les ministres de la Santé et de hauts responsables de 47 États membres. Les participants doivent examiner et adopter plusieurs politiques, stratégies et plans régionaux visant à améliorer la santé des populations africaines. À travers cet appel, l’Union africaine souhaite faire de la souveraineté sanitaire une priorité continentale, en renforçant les capacités de l’Afrique à anticiper les crises, produire localement les biens de santé essentiels et répondre efficacement aux besoins de ses populations, rapporte Kaweru Infos.
Norbert MEGAN YAOVI








