L’Inde, deuxième producteur mondial de blé, a annoncé le 24 août la levée de l’ensemble des restrictions imposées à l’exportation du blé, de la farine de blé et de plusieurs produits dérivés. Ces mesures étaient en vigueur depuis 2022, dans un contexte marqué par la flambée des prix mondiaux des céréales après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
À l’époque, New Delhi avait justifié ces restrictions par la nécessité de préserver sa sécurité alimentaire, alors que le pays faisait face à une mauvaise récolte. Quatre ans plus tard, la situation a considérablement évolué. La dernière campagne céréalière indienne a enregistré une production exceptionnelle, estimée à environ 120 millions de tonnes. Les réserves nationales de blé ont également atteint des niveaux records, réduisant considérablement le risque de pénurie. Cette abondance pose toutefois un autre problème : la baisse des prix et la pression sur les revenus des agriculteurs. La décision du gouvernement de Narendra Modi intervient alors que le secteur agricole connaît une nouvelle vague de mécontentement.
Un contexte mondial favorable
La levée des restrictions intervient également alors que les cours internationaux du blé ont atteint leur plus haut niveau depuis deux ans. Les perturbations des exportations en mer Noire, liées à la poursuite de la guerre en Ukraine et aux attaques visant des navires commerciaux, continuent de peser sur les approvisionnements mondiaux. L’ouverture du marché indien pourrait ainsi contribuer à réduire les tensions sur les pays fortement dépendants des importations, notamment en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient.
L’impact de cette mesure dépendra toutefois des volumes que l’Inde décidera effectivement d’exporter. Lors de la campagne 2021-2022, avant l’instauration des restrictions, le pays avait exporté plus de 8,5 millions de tonnes de blé, soit environ 4 % des exportations mondiales. La décision de New Delhi pourrait donc apporter un soutien supplémentaire au marché international, même si son ampleur dépendra de la capacité de l’Inde à maintenir un niveau élevé d’exportations tout en préservant son marché intérieur, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI








