Vingt-deux ans après la disparition et l’assassinat de Jonathan Coulom, un garçon de 10 ans disparu lors d’une classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins, la justice française a condamné le tueur en série allemand Martin Ney à la réclusion criminelle à perpétuité. Malgré l’absence de preuve ADN et les dénégations constantes de l’accusé, la cour d’assises de Loire-Atlantique a estimé qu’un faisceau d’indices concordants permettait d’établir sa culpabilité dans l’un des dossiers criminels les plus marquants de ces deux dernières décennies en France.
L’un des plus anciens mystères judiciaires français vient de trouver son épilogue. Jeudi 4 juin 2026, après douze jours d’audience et cinq heures de délibération, la cour d’assises de Loire-Atlantique a reconnu Martin Ney coupable du meurtre de Jonathan Coulom, commis en avril 2004 à Saint-Brévin-les-Pins. L’ancien éducateur allemand de 55 ans a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans et d’une interdiction définitive du territoire français.
Déjà condamné en Allemagne pour les assassinats de trois garçons âgés de 8 à 13 ans entre 1992 et 2001, ainsi que pour plusieurs agressions sexuelles sur mineurs, Martin Ney a continué de clamer son innocence tout au long du procès. Ses avocates avaient d’ailleurs plaidé l’acquittement, estimant que le dossier ne contenait ni preuve matérielle directe ni élément ADN susceptible de le relier au crime.
Jonathan Coulom, originaire du département du Cher, avait disparu dans la nuit du 6 au 7 avril 2004 alors qu’il participait à une classe de mer en Loire-Atlantique. Malgré d’importantes opérations de recherche, son corps avait été retrouvé quarante-trois jours plus tard dans un étang situé à une trentaine de kilomètres du centre de vacances. Le corps de l’enfant avait été immergé et maintenu sous l’eau à l’aide d’un parpaing.
Pour parvenir à sa décision, la justice s’est appuyée sur un ensemble d’indices jugés cohérents et convergents. Parmi eux figurent les déclarations d’un ancien codétenu affirmant avoir recueilli les aveux de Martin Ney, ainsi que plusieurs messages publiés par ce dernier sur un forum pédocriminel au début des années 2000. L’avocate générale a estimé que ces éléments révélaient une véritable « signature criminelle » et ne laissaient aucun doute quant à la responsabilité de l’accusé dans le meurtre du jeune garçon.
À l’annonce du verdict, l’émotion était palpable dans la salle d’audience. Les proches de Jonathan Coulom ont accueilli la décision dans les larmes, mettant enfin un terme à plus de vingt ans d’attente et d’incertitude. « Enfin justice a été rendue pour notre fils. Il va pouvoir reposer en paix », a déclaré le beau-père de la victime à la sortie du tribunal.
Cette condamnation pourrait également avoir des conséquences sur la situation carcérale de Martin Ney en Allemagne. Les autorités judiciaires françaises ont indiqué que ce nouveau verdict devra être pris en compte dans l’évaluation de sa dangerosité et dans toute éventuelle procédure d’aménagement de peine. Avec cette décision, la justice française estime avoir définitivement refermé l’un des chapitres criminels les plus douloureux et les plus médiatisés des années 2000.








