Le Conseil électoral provisoire (CEP) haïtien a annoncé, mardi 6 octobre 2026, le report des premières étapes du processus électoral. La campagne électorale, qui devait s’ouvrir en prélude aux scrutins présidentiel et législatif prévus le 13 décembre, est également repoussée. Aucune nouvelle date n’a été fixée pour l’instant.
Le processus électoral haïtien connaît un nouveau coup d’arrêt. Dans un communiqué publié mardi, le Conseil électoral provisoire annonce le report de la période initialement prévue pour la campagne électorale. Le calendrier devant conduire au premier tour de la présidentielle et des législatives le 13 décembre 2026 est ainsi suspendu sine die. « La période initialement fixée pour le déroulement de la campagne électorale est reportée », indique le CEP, qui précise que le nouveau calendrier sera communiqué « dans les meilleurs délais ».
Un calendrier à revoir
Selon l’institution électorale, cette actualisation doit permettre de prendre en compte les « exigences techniques et opérationnelles du processus », mais également les conditions nécessaires à la bonne organisation des différentes étapes du scrutin. Le calendrier initial, publié fin juillet, prévoyait le premier tour de la présidentielle et des législatives le 13 décembre 2026, suivi d’un second tour le 21 février 2027. Ces échéances sont désormais remises en cause.
Un pays toujours confronté aux gangs
Ce report intervient alors qu’Haïti reste plongé dans une grave crise sécuritaire. Le pays n’a plus organisé d’élections nationales depuis 2016. Son dernier président, Jovenel Moïse, assassiné en juillet 2021, n’a depuis lors pas été remplacé par un président élu. La situation sécuritaire s’est fortement dégradée ces dernières années avec l’expansion des gangs armés. Meurtres, enlèvements, violences sexuelles et recrutement d’enfants figurent parmi les exactions régulièrement rapportées.
Selon une estimation de l’Organisation internationale pour les migrations publiée en juin, près de 1,5 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays sur une population d’environ 11 millions d’habitants. Les violences, longtemps concentrées à Port-au-Prince, se sont également étendues à d’autres régions. Pour tenter de contenir cette insécurité, une Force de répression des gangs soutenue par l’ONU est en cours de constitution. Elle doit, à terme, compter environ 5 500 policiers et militaires étrangers pour appuyer les forces de sécurité haïtiennes, largement dépassées par l’ampleur de la crise.








