La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a durci sa position à l’égard des autorités de transition malgaches à l’issue d’un sommet extraordinaire tenu par visioconférence le lundi 29 juin 2026. Réunis sous la présidence du chef de l’État sud-africain Cyril Ramaphosa, les dirigeants de l’organisation régionale ont exigé la libération des prisonniers politiques, la fin des arrestations arbitraires et le retour des exilés politiques, tout en appelant à un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Dans son communiqué final, la SADC demande aux autorités de transition de Madagascar de prendre des mesures immédiates d’apaisement, estimant que la libération des détenus politiques et l’arrêt des poursuites jugées arbitraires contre des responsables de l ოპოზition et des membres de la Génération Z constituent des préalables essentiels à toute reprise du dialogue national. L’organisation insiste également sur la nécessité de permettre le retour des exilés politiques afin de restaurer un climat de confiance dans un pays en proie à de fortes tensions.
Cette prise de position marque un tournant dans l’attitude de la SADC, jusque-là plus conciliante depuis la prise de pouvoir des militaires en octobre 2025 et la chute du président Andry Rajoelina. Contrairement à l’Union africaine, qui avait suspendu Madagascar de ses instances, l’organisation régionale avait jusque-là privilégié une approche diplomatique d’accompagnement. Désormais, elle estime que les engagements annoncés par les autorités de transition doivent se traduire par des actions concrètes et un calendrier clair de réformes politiques, inclusives et transparentes, ouvrant la voie à des élections crédibles.
Cette évolution intervient dans un contexte politique tendu. Une vingtaine de personnalités proches de l’ancien régime font l’objet de poursuites judiciaires, tandis que trois figures de la Génération Z ont été inculpées pour « atteinte à la sûreté de l’État » après avoir appelé à une marche pacifique en avril dernier. Face à cette situation, la SADC renforce son dispositif d’accompagnement, notamment par l’élargissement du mandat de son Panel des sages dirigé par l’ancienne présidente malawite Joyce Banda et par l’ouverture annoncée d’un bureau de liaison à Antananarivo. L’organisation entend ainsi suivre de près l’évolution de la transition afin de favoriser un retour durable à l’ordre constitutionnel et à une gouvernance démocratique.








