Un nouveau coup dur pour l’opposition nigériane. La Haute Cour d’Abuja a annulé, jeudi, la candidature de l’ancien vice-président Atiku Abubakar à l’élection présidentielle prévue en janvier. Cette décision intervient au lendemain du lancement officiel de sa campagne et fragilise davantage l’African Democratic Congress (ADC), formation politique engagée dans une bataille judiciaire autour de sa direction.
La décision judiciaire remet en cause les actes posés par David Mark à la tête de l’ADC, notamment la désignation d’Atiku Abubakar comme candidat du parti à la présidentielle. Elle fait suite à une plainte déposée par Nafiu Bala Gombe, un membre de la formation politique qui contestait la nomination de David Mark à la présidence du parti. « La décision est tombée ce matin », a confirmé Bolaji Abdullahi, porte-parole de l’ADC. Selon les médias nigérians, la Haute Cour a ainsi donné raison au plaignant en invalidant les décisions prises par David Mark au nom du parti.
Un recours envisagé par l’ADC
Confronté à cette décision, l’ADC devrait interjeter appel. Cette nouvelle procédure risque toutefois de compliquer la préparation électorale d’Atiku Abubakar, qui avait officiellement lancé sa campagne mercredi lors d’un rassemblement à Sokoto, dans le nord-ouest du pays. L’affaire intervient dans un contexte de fortes tensions internes au sein de l’ADC, qui multiplie les procédures judiciaires autour de son leadership. Le parti s’est imposé comme l’un des principaux foyers de contestation du président Bola Tinubu, élu en 2023. Âgé de près de 80 ans, Atiku Abubakar, ancien vice-président du Nigeria, tente pour la septième fois d’accéder à la magistrature suprême. Lors du précédent scrutin présidentiel, en 2023, il était arrivé en deuxième position avec 29 % des suffrages, derrière Bola Tinubu, vainqueur avec 36,6 % des voix. La Commission électorale nationale indépendante (INEC), qui avait validé sa candidature, n’avait pas encore réagi à la décision judiciaire.
Norbert MEGAN YAOVI








