L’absence du président camerounais Paul Biya du territoire national depuis plusieurs semaines continue d’alimenter les débats politiques. Face aux accusations évoquant une possible vacance du pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, a réagi le mardi 21 juillet 2026 par la voix de Jacques Fame Ndongo. Le ministre d’État et secrétaire national à la communication du parti présidentiel affirme que le chef de l’État reste pleinement aux commandes, une position contestée par l’opposition, notamment le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).
Le débat autour de l’absence prolongée de Paul Biya a connu un nouveau rebondissement le mardi 21 juillet 2026. Alors que le président camerounais se trouve hors du pays depuis plus de quarante jours, le RDPC a décidé de répondre aux interrogations qui se multiplient dans l’opinion publique et dans les rangs de l’opposition.
Jacques Fame Ndongo, ministre d’État et secrétaire national à la communication du parti présidentiel, a rejeté toute idée de vacance du pouvoir au sommet de l’État. « Il n’y a aucune vacance de pouvoir au sommet de l’État », a-t-il déclaré, estimant que les arguments avancés contre le chef de l’État ne reposent sur aucun fondement juridique.
Selon lui, le droit camerounais ne prévoit aucune durée maximale d’absence du président de la République hors du territoire national. Il considère donc qu’aucune disposition constitutionnelle ou réglementaire ne peut être invoquée pour remettre en cause l’exercice du pouvoir présidentiel.
Le responsable du RDPC a qualifié les accusations de vacance du pouvoir de « barbarisme juridique, voire politique ou logique ». Il estime que les critiques formulées contre Paul Biya relèvent d’une interprétation sans base légale et d’une tentative d’appliquer une règle inexistante dans le droit camerounais.
Jacques Fame Ndongo a également assuré que le président Paul Biya, qui dirige le Cameroun depuis 1982, continue de suivre les affaires de l’État. D’après lui, le chef de l’exécutif reçoit les dossiers transmis par ses collaborateurs et donne ses orientations à travers les moyens de communication disponibles.
Cette sortie du parti présidentiel intervient dans un contexte marqué par une forte attention autour de l’absence du chef de l’État. Depuis plusieurs semaines, des voix s’interrogent sur sa présence effective à la tête du pays et sur la manière dont les décisions sont prises au sommet de l’administration camerounaise.
La réponse du RDPC n’a toutefois pas convaincu l’opposition. Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), formation politique dirigée par Maurice Kamto, a immédiatement réagi par l’intermédiaire de son vice-président Mamadou Mota.
Ce dernier a questionné la capacité du président à exercer pleinement ses fonctions après une absence aussi longue hors du territoire national. « À partir de combien de semaines d’absence physique l’exercice de la magistrature suprême devient-il une vue de l’esprit ? », s’est-il interrogé.
Pour le responsable du MRC, quarante-cinq jours loin du Cameroun ne constituent plus un simple déplacement officiel. Il évoque plutôt une situation exceptionnelle qui nécessite, selon lui, des explications de la part des autorités.
Le parti d’opposition a également tourné en dérision l’argument du gouvernement selon lequel Paul Biya continue de diriger à distance grâce aux outils numériques. Le MRC parle d’un « Cameroun gouverné en télétravail clandestin », dénonçant une situation qu’il juge inhabituelle pour un chef d’État.
Cette controverse remet au centre du débat la question de la gouvernance présidentielle au Cameroun. Tandis que le pouvoir assure que les institutions fonctionnent normalement et que Paul Biya reste aux commandes, l’opposition continue de réclamer davantage de transparence sur les conditions d’exercice du pouvoir présidentiel.








