Le rapport final d’une commission indépendante sur les injustices subies par le peuple sami a été remis mercredi 30 septembre au gouvernement suédois. Le document recommande notamment des excuses officielles de l’État et une meilleure reconnaissance des droits de cette population autochtone.
Les blessures du passé ressurgissent en Suède. Après cinq années d’enquête et des centaines de témoignages recueillis, la Commission vérité pour le peuple sami a présenté, mercredi 30 septembre, ses conclusions sur les politiques menées contre cette population autochtone. Les Sami, dont le territoire ancestral s’étend sur le nord de la Suède, de la Norvège, de la Finlande et une partie de la Russie, sont environ 100 000. Ils sont le seul peuple autochtone d’Europe reconnu juridiquement comme tel. Dans son rapport, la commission formule 71 recommandations destinées à permettre à la Suède de reconnaître les injustices commises et d’en assumer la responsabilité. Le document retrace quatre siècles de colonisation, de discriminations et de persécutions, impliquant notamment les autorités publiques et l’Église.
Une culture et un mode de vie fragilisés
Selon la commission, ces politiques ont contribué à l’affaiblissement de la langue, de la culture et de la religion sami. Elles ont également affecté un mode de vie traditionnel fondé notamment sur l’élevage de rennes, la pêche et la cueillette. Aujourd’hui encore, les Sami dénoncent les menaces pesant sur leurs activités et leurs droits fonciers dans le nord du pays. L’exploitation minière, forestière et d’autres projets industriels sont notamment au cœur des préoccupations.
Pour remédier à ces injustices, la commission recommande à Stockholm de présenter des excuses officielles, de renforcer la formation et la sensibilisation des fonctionnaires aux questions samies et d’accroître l’autonomie de cette population. La question dépasse les frontières suédoises. En Finlande, le Premier ministre Petteri Orpo avait déclaré l’année dernière que son pays devait également présenter aux Sami des excuses officielles, « complètes et dignes ».
Norbert MEGAN YAOVI








