Lors du sommet Africa Forward Summit organisé à Nairobi, le président français Emmanuel Macron a livré un discours offensif sur la place de l’Europe en Afrique, dans un contexte de forte compétition internationale autour des ressources stratégiques du continent.
Le chef de l’État a notamment défendu l’approche européenne, qu’il présente comme fondée sur le respect du droit international, le multilatéralisme et un commerce ouvert. Une manière de se démarquer, selon lui, des pratiques attribuées à d’autres grandes puissances. Au cœur de son intervention, Emmanuel Macron a ciblé la stratégie de China en Afrique, qu’il accuse d’adopter une logique qu’il juge « prédatrice » dans l’accès aux minerais critiques et aux terres rares. Ces ressources, essentielles à la transition énergétique et aux technologies modernes, sont aujourd’hui au centre des rivalités géopolitiques. Dans le même temps, le président français a également évoqué les tensions commerciales impliquant les United States et la Chine, dénonçant des pratiques qu’il estime éloignées des règles internationales.
Gouvernance africaine et héritage postcolonial : un discours nuancé

Abordant la question sensible de l’héritage historique, Macron a estimé que les difficultés actuelles de l’Afrique ne peuvent être attribuées uniquement à la période coloniale. Selon lui, les décennies ayant suivi les indépendances doivent également être prises en compte dans l’analyse des défis contemporains du continent. Il a ainsi appelé à une amélioration de la gouvernance dans plusieurs pays africains, tout en rejetant l’idée selon laquelle les anciennes puissances coloniales européennes, comme la France ou le United Kingdom, seraient encore aujourd’hui les principaux acteurs d’une logique prédatrice sur le continent.
Cette prise de parole intervient dans un contexte délicat pour la diplomatie française en Afrique. Ces dernières années, Paris a vu son influence reculer dans plusieurs pays francophones, marqués par des recompositions politiques et une diversification des partenariats internationaux. Face à cette évolution, la France cherche à renouveler sa présence et à élargir son champ d’action au-delà de ses anciens bastions. La tenue du sommet Africa Forward en zone anglophone est perçue par certains observateurs comme une opportunité stratégique pour renforcer de nouvelles alliances et redéfinir son image sur le continent.
Au-delà du discours politique, cette intervention illustre les recompositions profondes en cours dans les relations entre l’Afrique et les grandes puissances. Entre compétition pour les ressources, enjeux de souveraineté et recherche de nouveaux partenariats, le continent africain apparaît plus que jamais comme un espace central des équilibres géopolitiques mondiaux.
Dans ce contexte, l’Europe devra convaincre qu’elle propose une alternative crédible, alors que la concurrence avec la Chine et d’autres acteurs internationaux continue de s’intensifier.








