Alors que la République démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola, les scientifiques intensifient leurs recherches pour trouver un vaccin efficace contre la souche Bundibugyo, responsable de cette nouvelle flambée épidémique. À ce jour, aucun vaccin homologué n’existe contre cette variante du virus.

L’espoir repose néanmoins sur les stocks disponibles du vaccin Ervebo, développé contre la souche Zaïre du virus Ebola. L’organisation Gavi, l’Alliance mondiale pour le vaccin, dispose actuellement de doses prêtes à être mobilisées, dont 2 000 déjà présentes en RDC. Toutefois, leur efficacité contre la souche Bundibugyo demeure incertaine. Des études expérimentales menées sur des primates ont toutefois montré qu’une protection partielle pourrait être envisageable. Face à l’urgence sanitaire, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) examine la possibilité d’utiliser ces doses dans le cadre d’un essai clinique d’urgence. Une telle décision nécessiterait cependant l’approbation officielle de l’OMS ainsi que l’adhésion des communautés locales concernées. En parallèle, plusieurs programmes de recherche avancent pour mettre au point des vaccins spécifiquement adaptés à la souche Bundibugyo. Le laboratoire pharmaceutique Merck travaille notamment sur un candidat vaccin utilisant sa plateforme technologique déjà employée contre Ebola Zaïre. Mais aucun stock n’est actuellement disponible et les premiers essais cliniques ne pourraient débuter avant six à neuf mois.
De son côté, l’Université d’Oxford, en partenariat avec le Serum Institute of India, développe également un vaccin ciblant cette souche. Les premières doses destinées aux essais pourraient être prêtes d’ici deux à trois mois. Néanmoins, aucune donnée scientifique sur son efficacité, ni chez l’animal ni chez l’humain, n’a encore été publiée. La Russie affirme également avoir conçu un vaccin contre le virus Bundibugyo. Une annonce accueillie avec prudence par la communauté scientifique, faute de résultats ou d’études rendus publics à ce stade. Pour accélérer la mise au point de solutions vaccinales, Gavi a lancé un mécanisme d’engagement d’achat anticipé destiné à encourager les fabricants à investir dans la recherche. Ce dispositif avait déjà permis le développement du vaccin contre la souche Zaïre après la grave épidémie qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2014. Face à cette nouvelle menace sanitaire, la communauté scientifique internationale tente donc de gagner une course contre le temps afin d’éviter une propagation plus large du virus, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI








