Le Ghana a accueilli mercredi un premier groupe de près de 300 citoyens rapatriés d’Afrique du Sud, dans un contexte marqué par une montée des tensions et des manifestations anti-immigrés dans le pays austral.

Ces ressortissants ghanéens, parmi lesquels figuraient plusieurs enfants, ont quitté Johannesburg à bord d’un vol spécial à destination d’Accra dans le cadre d’une opération de rapatriement volontaire mise en place par les autorités des deux pays. Selon les responsables ghanéens, de nombreux expatriés ont exprimé leur inquiétude face à l’insécurité grandissante et déclaré ne plus se sentir en sécurité en Afrique du Sud. Au total, environ 800 Ghanéens se sont enregistrés auprès du Haut-Commissariat pour bénéficier de cette assistance au retour. Les autorités sud-africaines et ghanéennes ont travaillé conjointement afin d’établir la liste des personnes souhaitant rentrer au pays. Un responsable sud-africain de l’immigration, cité par la chaîne locale eNCA, a indiqué qu’une majorité des rapatriés se trouvaient en situation irrégulière. « Sur ces 300 personnes, seules dix étaient en règle avec la législation migratoire sud-africaine », a-t-il précisé. Afin de faciliter leur départ, l’ambassade du Ghana en Afrique du Sud a délivré des certificats de voyage d’urgence à plusieurs ressortissants ayant dépassé la durée légale de séjour. À leur arrivée à l’aéroport international d’Accra, les rapatriés ont été accueillis par le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa. Celui-ci a assuré que les personnes de retour au pays bénéficieront d’un accompagnement psychosocial ainsi que d’aides financières destinées à faciliter leur réinsertion. « Où que se trouvent les Ghanéens, nous veillerons à ce qu’ils soient protégés et à ce que leur dignité soit respectée », a déclaré le ministre devant les rapatriés. Samuel Okudzeto Ablakwa a également révélé que 26 citoyens ghanéens avaient été placés en détention en Afrique du Sud pour des problèmes liés à leurs visas, avant que les autorités ghanéennes n’obtiennent leur libération et leur retour au pays. De leur côté, les autorités sud-africaines ont condamné les violences visant les ressortissants étrangers et promis des sanctions contre les auteurs d’actes xénophobes. Elles ont rappelé que ces comportements étaient incompatibles avec les principes démocratiques et constitutionnels du pays, rapporte Trt Africa.
Norbert MEGAN YAOVI








