Le président français Emmanuel Macron est attendu à Damas pour une visite officielle d’une portée diplomatique exceptionnelle. Il doit y rencontrer le président par intérim Ahmed al-Charaa, dans un contexte de transition politique fragile après la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024. Cette visite constituerait la première d’un chef d’État européen en Syrie depuis cet événement majeur, confirmant un possible basculement des équilibres diplomatiques au Moyen-Orient.
Selon les autorités syriennes, Emmanuel Macron sera accompagné d’une délégation composée d’investisseurs et de représentants d’entreprises françaises. L’objectif affiché est de renforcer la coopération économique entre Paris et Damas, alors que la Syrie tente de se relever après plus de treize années de guerre civile. La Banque mondiale estime que la reconstruction du pays pourrait nécessiter plus de 200 milliards d’euros, faisant des partenariats internationaux un levier essentiel pour relancer les infrastructures et l’économie nationale.
La situation sécuritaire reste néanmoins extrêmement fragile. Un attentat récent dans un café de Damas a fait neuf morts et une vingtaine de blessés, rappelant la persistance de menaces terroristes sur le territoire syrien. L’organisation État islamique conserve des cellules actives dans plusieurs zones du pays, tandis que des ressortissants français liés à des groupes jihadistes ainsi que leurs familles seraient encore présents ou détenus en Syrie, complexifiant davantage les enjeux sécuritaires et diplomatiques.
Cette visite, si elle se confirme, ferait d’Emmanuel Macron le premier chef d’État européen à se rendre en Syrie depuis la chute du régime Assad. Elle s’inscrirait dans une stratégie visant à repositionner la France comme acteur central dans la reconstruction du pays et la stabilisation régionale, dans un contexte de forte concurrence entre puissances internationales cherchant à influencer l’avenir politique et économique syrien.








