Près de cinq ans après leur arrestation, six personnalités proches de l’ancien président de la transition malienne, Bah N’Daw, comparaissent ce mardi 14 juillet devant les chambres criminelles de la Cour d’appel de Bamako. Poursuivis pour « tentative de complot contre le gouvernement », ils contestent les accusations portées contre eux. Ce procès très attendu intervient dans un contexte marqué par la multiplication des poursuites visant d’anciens responsables civils, militaires et des acteurs de la société civile.
Les chambres criminelles de la Cour d’appel de Bamako examinent, ce mardi 14 juillet, l’affaire de six personnalités réputées proches de l’ancien président de la transition, Bah N’Daw. Les prévenus sont poursuivis pour « tentative de complot contre le gouvernement », une accusation dont les faits précis n’ont pas été rendus publics par les autorités judiciaires maliennes. Cette audience, attendue depuis plusieurs années, pourrait marquer un tournant dans une procédure ouverte à l’automne 2021.
Parmi les accusés figurent le colonel Kassoum Goïta, ancien directeur général de la Sécurité d’État, sans lien de parenté avec le président de la transition Assimi Goïta, ainsi que Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la présidence sous Bah N’Daw. Les quatre autres prévenus sont un adjudant-chef de la Sécurité d’État, un commissaire de police, un opérateur économique et un marabout. Tous sont soupçonnés d’avoir participé à une tentative de déstabilisation des autorités de transition.
Les six hommes avaient été arrêtés quelques mois après le second coup d’État de mai 2021, au cours duquel les militaires dirigés par Assimi Goïta avaient renversé le président de la transition Bah N’Daw et son Premier ministre, Moctar Ouane. Les nouvelles autorités avaient alors présenté cette prise de pouvoir comme une « rectification de la trajectoire de la transition ».
Selon les avocats de la défense, leurs clients ont été enlevés par les services de la Sécurité d’État avant d’être placés en détention. Ils affirment également que plusieurs d’entre eux ont subi des actes de torture durant leur captivité, des allégations qui n’ont pas été officiellement reconnues par les autorités maliennes.
Depuis l’ouverture de cette procédure, les conseils des accusés dénoncent un dossier à caractère politique. Ils estiment que leurs clients sont poursuivis en raison de leur proximité avec Bah N’Daw plutôt que sur la base de preuves démontrant une véritable tentative de renversement du gouvernement. Après près de cinq années de détention préventive, ils espèrent que ce procès permettra enfin aux prévenus de présenter leur défense devant la justice.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte où les autorités de transition ont multiplié, depuis 2021, les poursuites contre des responsables politiques, des officiers supérieurs et des acteurs de la société civile, régulièrement accusés de complot ou d’atteinte à la sûreté de l’État. Le verdict de ce procès est suivi avec attention, tant par les observateurs de la vie politique malienne que par les organisations de défense des droits humains.








