Après plus d’un an de tensions, l’Algérie et le Mali renouent officiellement le dialogue. Les deux pays ont annoncé, en juillet 2026, le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture de leurs espaces aériens respectifs. Ce rapprochement intervient dans un contexte marqué par une forte instabilité dans le nord du Mali, où les groupes jihadistes et les mouvements indépendantistes restent actifs.
L’Algérie et le Mali tournent progressivement la page d’une crise diplomatique qui avait profondément affecté leurs relations bilatérales. Après plusieurs mois de tensions, les deux voisins sahéliens ont engagé un processus de normalisation destiné à rétablir les canaux officiels de coopération.
La crise entre Alger et Bamako s’était aggravée en avril 2025 après la destruction par l’armée algérienne d’un drone malien près de la frontière commune. Les autorités algériennes avaient affirmé que l’appareil avait pénétré leur espace aérien, tandis que Bamako avait rejeté cette version et dénoncé une action hostile.
À la suite de cet incident, les deux capitales avaient rappelé leurs ambassadeurs et suspendu les liaisons aériennes entre leurs territoires. Les tensions s’étaient également accentuées après la décision des autorités maliennes de mettre fin à l’Accord d’Alger de 2015, un texte négocié sous médiation algérienne pour favoriser la paix dans le nord du Mali.
Le 10 juillet 2026, le gouvernement malien de transition a annoncé le retour de son ambassadeur en Algérie ainsi que la réouverture de son espace aérien aux avions civils et militaires en provenance ou à destination du territoire algérien. Cette décision a marqué une première étape vers la reprise des relations diplomatiques.
De son côté, Alger a adopté une mesure similaire en autorisant à nouveau le trafic aérien malien et en confirmant le retour de son ambassadeur à Bamako. Cette démarche réciproque traduit la volonté des deux pays de dépasser leurs différends récents et de restaurer un dialogue politique.
La question sécuritaire apparaît comme l’un des principaux facteurs de ce rapprochement. L’Algérie et le Mali partagent une frontière longue d’environ 1 300 kilomètres, située dans une région confrontée à la progression des groupes armés.
Dans le nord du Mali, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, continue ses opérations. Le Front de libération de l’Azawad (FLA), issu des mouvements indépendantistes touareg, demeure également actif dans cette zone stratégique.
Pour Alger, la stabilité du nord malien constitue un enjeu majeur de sécurité nationale. Pour Bamako, le rétablissement des relations avec son voisin pourrait faciliter une meilleure coordination dans la lutte contre les menaces transfrontalières.
Cependant, ce rapprochement reste fragile. Les divergences entre les deux pays sur la gestion du conflit dans le nord du Mali demeurent importantes. La reprise du dialogue ne garantit pas à elle seule une stabilisation durable de la région.
Elle représente néanmoins une opportunité pour Alger et Bamako de reconstruire une coopération essentielle à la sécurité du Sahel. L’évolution de cette nouvelle dynamique dépendra désormais de la capacité des deux États à transformer ce dégel diplomatique en partenariat durable.








