Une nouvelle flambée de violences secoue l’extrême sud de la Thaïlande, à quelques semaines d’une possible reprise des négociations entre Bangkok et le groupe séparatiste Barisan Revolusi Nasional (BRN).
Plus de 70 attaques, principalement coordonnées, ont été recensées les 22 et 23 août dans les provinces de Pattani, Yala et Narathiwat. Incendies volontaires, explosions et tirs ont notamment visé des bâtiments administratifs, des commerces, des véhicules, des pylônes électriques et des infrastructures ferroviaires. Une supérette a également été la cible d’une attaque à la bombe en début de semaine.
Cette recrudescence intervient environ un mois après l’attaque d’un poste de contrôle à Narathiwat, qui avait coûté la vie à cinq paramilitaires. Le BRN, principal groupe séparatiste de la région, n’a pas revendiqué la récente vague d’attaques. Mais des observateurs estiment qu’elle pourrait constituer une démonstration de force avant la reprise annoncée des pourparlers, possiblement dès septembre.
Depuis 2004, l’insurrection séparatiste dans cette région majoritairement musulmane et culturellement malaise a fait près de 7 800 morts et 15 000 blessés. Le processus de paix engagé en 2013 reste bloqué, faute d’accord politique.
Alors que Bangkok privilégie une réponse sécuritaire, les insurgés mettent en avant les revendications politiques et identitaires des populations locales. Malgré l’état d’urgence et une forte présence militaire, la méfiance demeure. Pour de nombreux habitants, la priorité reste aujourd’hui la même : retrouver une vie normale et durablement pacifiée, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI








