Après plus de deux années sous régime d’exception, Khartoum tourne une page. Les autorités soudanaises ont annoncé, jeudi 27 août, la levée de l’état d’urgence dans la capitale, ravagée par plus de trois ans de guerre.
La décision, prise par le Comité de sécurité de l’État de Khartoum, entraîne notamment la fin du couvre-feu. Les habitants peuvent désormais circuler et travailler à toute heure. Les autorités maintiennent toutefois les patrouilles et les points de contrôle et demandent à la population de se munir en permanence de ses documents d’identité.
L’accès à la capitale demeure par ailleurs soumis à des restrictions pour les étrangers. Ceux qui souhaitent entrer à Khartoum par bus, train ou véhicule privé doivent disposer des autorisations requises. Cette levée de l’état d’urgence s’inscrit dans un processus de retour progressif à la normale engagé depuis que l’armée soudanaise a repris le contrôle de la capitale en avril 2024. Le gouvernement avait regagné Khartoum en janvier, tandis que l’aéroport avait rouvert en avril.
Une capitale encore lourdement sinistrée
Malgré cette nouvelle étape, le retour à une vie normale reste encore lointain. « C’est une bonne nouvelle, mais on est encore loin de vivre normalement », témoigne un militant des comités de résistance, soulignant l’ampleur des destructions laissées par les combats.
Selon les Nations unies, près de trois millions de personnes déplacées sont déjà revenues à Khartoum. Mais les conditions de vie demeurent extrêmement difficiles. L’accès à l’électricité reste notamment très limité. En juillet, le ministère soudanais de l’Énergie indiquait que certains quartiers pouvaient subir jusqu’à 18 heures de délestage par jour. Déclenchée en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), la guerre a provoqué des dizaines de milliers de morts et contraint plus de 12 millions de personnes à fuir leur domicile. L’ONU considère cette crise comme l’une des plus graves crises humanitaires au monde, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI








